AGENDA________________________
Prsentation publique au centre socio-culturel Joseph Ndiaye de Gore 11 h - Samedi 17 novembre 2018
Du " Phnix des Tropiques ",manuscrit indit de Maurice Maillat en 5 tomes Gore la Signare , Gore la Ngrire , Gore la Franaise .
Dcs Yves Thilmans - 23 fvrier 2018
Voir rubrique Documents Bulletin de Liaison
Compte-rendu de Assemble gnrale ordinaire du 3 fvrier 2018 - Samedi 10 fvrier 2018
Aller dans la rubrique Prsentation
Assemble Gnrale Ordinaire - Samedi 3 fvrier 2018
Voir dtail la rubrique Documents Bulletins de liaison
Prsentation de l'ouvrage TIRAILLEURS SENEGALAIS Tmoignages pistolaires 1914-1919 - Mercredi 11 Mars 2015
Pierre ROSIERE-Mamadou KONE-Cyr DESCAMPS prsenteront l'ouvrage l'Institut Franais 18h30
Prsentation du livre les Garnisons de Gore - Lundi 5 Mai 2014
19 heures l'Institut franais de Dakar (89, rue Joseph Gomis) prsentation du livre "Les Garnisons de Gore" de Maurice MAILLAT.
Message de Stephen Grant, membre d'honneur de l'AAMHIS - mardi 18 fvrier 2014
Livres sur Strickland, consul amricain Gore Lien : http://www.youtube.com/watch?v=M-wrBKbOSF8

Salle 10: EUROPEENS

MOBILIER

-Un panneau fixé au mur (n°48).

- Une pierre tombale fixée au mur.

- Six groupes de deux panneaux fixés au mur (n°49, à 60).

- Un padrào au centre de la salle.

- Un coffre de traitant au centre de la salle.

DESCRIPTION

 

Panneau n°48

Matériaux  Contreplaqué de 15 sur cadre de bois.

Dimensions  120 x 150 cm

TEXTE

Autour d’un petit texte central, il ya les légendes des photos.

Texte centrale :

La véritable naissance des troupes africaines françaises se situe au 21 juillet 1857, date du décret de Napoléon III créant un "Corps de Tirailleurs Sénégalais" comprenant quatre compagnies. Faidherbe avait joué un rôle décisif dans l’élaboration de cette décision. En 1880, un deuxième bataillon est formé qui en 1884, est réuni au premier en un régiment.

En 1900, les troupes de la Marine deviennent les troupes coloniales. Le régiment devient le 1er R.T.S. et reçoit son drapeau. En 1912, le recrutement devient obligatoire en A.O.F., le chiffre annuel des appelés étant de 11 700 sur une population de 17 millions de personnes.

Pendant la Première Guerre Mondiale, 178 000 hommes furent levés en A.O.F, dont 134.000 vinrent en Europe. 29 000 furent tués et 35 000 blessés.

A début de la Seconde Guerre Mondiale, 120 000 tirailleurs débarquèrent en France et se distinguèrent particulièrement sur la Somme et devant Lyon.

Dés 1940, l’A.E.F. reprend le combat, tandis que l’A.O.F. rentre dans la guerre à partir de novembre 1942. Ses effectifs s’élèvent à 60 000 Africains et 16 000 Européens. Il y eut trois régiments de tirailleurs sénégalais à la 9e Divisions d’Infanterie Coloniale (débarquement de Provence, campagne d’Alsace).

Quinze bataillons noirs participèrent à la guerre d’Indochine. Sur 56 000 Africains qui servirent sur ce théâtre d’opérations, 2 200 furent tués. Les Africains combattirent également en Algérie.

Le centenaire des Troupes Africaines fut célébré avec éclat, tant en métropole qu’outre-mer, en juin-juillet 1957.

Il faut signaler que les spahis du Sénégal virent le jour avant les tirailleurs, puisque leur création remonte à une ordonnance royale du 20 juillet 1845. Ils avaient pour modèle les tirailleurs algériens, dont un peloton était venu combattre au Sénégal en 1848. Mais à cette époque, les Africains n’y étaient employés que comme hommes de corvées. Par la suite cependant, ils servirent à part entière. Dissout en 1937, ce corps fut récupéré par la gendarmerie, donnant naissance à la Garde Rouge, qui continua à servir après l’Indépendance.

Des tirailleurs Haoussa n’eurent qu’une existence éphémère, et les tirailleurs Soudanais (1897) furent absorbés par leurs homologues sénégalais.

C’est à la tête de tirailleurs que Galliéni atteignit Ségou, que Borgnis-Desbordes occupa Bamako, qu’Archinard arriva au cœur du Soudan. C’est avec un détachement de troupes noires que Marchant gagna Fachoda, et que Mangin est arrivé aux bords de la Mer Rouge. Tous les officiers français l’ont d’ailleurs reconnu sans détours, et déclarent que, sans les troupes noires, il n’y aurait pas eu d’Empire français et en conséquence pas le progrès technologique qu’apporta cet Empire. On néglige souvent cet apport capital des Tirailleurs sénégalais à la vie de tous les jours du Sénégal d’aujourd’hui.

Légendes des photos (18 photos)

1 à 3. Sénégal-Soudan-Côte d’Ivoire

Ci-dessus, Tirailleurs sénégalais des années 1880.

En haut à droite : Embuscade de Dio (11 mai 1880). La colonne Galliéni qui se dirige sur Bamako, comprend 5 Français et 28 militaires sénégalais.

En bas, à droite : Capture de Samory à Guélémou (côte d’Ivoire) le 29 septembre 1898. La colonne Gouraud comprend 9 Français et 200 Tirailleurs.

4. Fachoda

Le commandant Marchant, le capitaine Baratier et le sergent Dat, avec leur escorte de Tirailleurs sénégalais au Caire en 1899.

Partis de Loango, ils avaient atteint Fachoda, sur le Nil, après un voyage épuisant de deux ans.

5. Dahomey

Les Tirailleurs attaquent les Dahoméens, dix fois supérieurs en nombre à Godomey en 1892.

6. Tchad

Lieutenant Bourreau avec, à sa gauche, le sergent Moctar Diop. Ce dernier sera tué, quatre jours plus tard, le 4 janvier 1910, avec 101 autres Tirailleurs sénégalais et cinq gradés français, dans le Ouadaï (Tchad).

7. Madagascar

Expédition de Madagascar (1895). Prise d’un camp hova par les Tirailleurs.

8. Maroc

Les Tirailleurs sénégalais au Maroc en 1913.

En 1912; Moulay Hafid, sultan du Maroc, accorde à la France le protectorat sur son pays et Lyautey est résident général la même année.

Les Tirailleurs sénégalais contribuèrent à la pacification de pays.

9. Drapeau du 1er Régiment des Tirailleurs sénégalais

La soie porte, en lettres d’or, les noms des principaux combats auxquels participa cette unité. Le 14 juillet 1913, le Président de la République attacha la croix de la Légion d’honneur à sa hampe.

10. 1914-1958

Carte Postale de la Première Guerre Mondiale. Le Tirailleur porte sur sa baïonnette un casque à pointe allemand.

11. à 14. 1939-1945

En haut : Tirailleurs sénégalais rentrant de France après la guerre.

En bas : cimetière de Chasselay près de Lyon, où reposent 188 soldats du 25e Régiment de Tirailleurs sénégalais morts en 1940 ; certains d’entre eux, blessés, furent volontairement écrasés par des chars allemands.

En haut : Tirailleurs de Leclerc lors de l’entrée à Tripoli en janvier 1943.

En bas : Dans le Jura, les Tirailleurs de la 9e Division d’Infanterie coloniale en position pendant l’hiver 1944-45.

15. Tirailleurs sénégalais, anciens combattants.

16. et 17. Indochine

En haut : Soldats du 22e Régiment d’Infanterie coloniale, composé de Sénégalais, de Soudanais, de Vietnamiens et de Français. Constitué en Indochine, ce régiment fut dirigé en Algérie en 1956.

En bas : Tirailleurs sénégalais en patrouille dans les rizières d’Indochine.

18. Algérie

Au cours d’une opération dans la vallée de la Soumam (Est d’Alger), les Tirailleurs sénégalais du 21e Régiment d’Infanterie coloniale font la pause.

 

PIERRE TOMBALE  Encastrée dans le mur, brisée au milieu.

Dimensions : 98 x 59 x 6 cm.

TEXTE

Here lie the remains of / MARY JAMES / Who departed this life /

The 12 th of November 1813 / aged 31 Years / This stone /

Is also dedicated / by her disconsolate Mother / Louison NEUCHATEL /

to he memory of / CHARLES / The only Son / of the abovementioned /

MARY JAMES / Who died / on his passages / to England / The 14 th of September 1810 / aged 7 years.

Légende

Pierre tombale de Mary James décédée le 12 novembre 1813 à 31 ans.

Trouvée à Gorée, elle est la plus ancienne pierre tombale d’Européen connue dans la Presqu’île du Cap-Vert. Elle date de la période (1804-1817), au cours de laquelle l’île était occupée par les Anglais.

Sur cette pierre, voir R. Mauny : Pierres Tombales de Gorée et Bel-Air antérieures à la fondation de Dakar (1857). Note Afr. n° 64, p. 101-102.

 

Panneaux n° 49 à 54

Matériaux et dimensions

Six groupes de deux panneaux accolés (un pour le texte, 77 x 113 cm ; l’autre pour les photos 157 x 113 cm) comprenant chaque fois un contreplaqué de 5 mm reposant sur un contreplaqué de 10 mm, entourés de cornières aluminium, verres de 4 mm.

Ces panneaux sont encadrés par des tubes carrés de 35 mm.

 

Panneau n°49

TEXTE

Portugais

Ce furent les Portugais qui, sous l’impulsion d’Henri le Navigateur, furent les premiers Européens à entrer en contact avec les Négro-africains. En 1444 en effet, Dinis Dias atteignit la presqu’île du Cap-Vert, y captura quatre Wolof et débarqua sur une île qui sera ultérieurement appelée Gorée. Par la suite, en 1481 à la veille de Noël, Diogo de Azambuja fit construire sur l’île une église où seront enterrés de nombreux Portugais morts sur la côte.

Les Portugais ne possédèrent jamais d’établissements officiels sur la Petite Côte. Ceux d’entre eux qui se fixèrent dans certaines localités de celle-ci le firent à titre privé. Certains étaient des bannis, quelques autres des Juifs fuyant l’Inquisition. Se livrant au commerce et à la traite des esclaves, ils donnèrent naissance à des groupes métissés de Luso-africains.

Lorsqu’en 1627 les Néerlandais édifièrent un fort à Gorée, Joäo Pereira Corte-Real, gouverneur portugais des Iles du Cap Vert vint l’année suivante les en chasser temporairement, allant fermer la synagogue de Rufisque.

Par la suite cependant, les Luso-africains jouèrent, auprès des employés de la compagnie néerlandaise des Indes occidentales, le rôle d’actifs intermédiaires commerciaux. Nombre d’entre eux vivaient dans l’aisance. Ils se rendaient chaque année à la Cour du souverain africain dont ils dépendaient, pour lui offrir des présents et en recevoir de celui-ci. Les Bour Saloum étaient tellement bien disposés à leur égard qu’ils étaient appelés les « pères des Blanc »".

Les Français, qui avaient éliminé les Néerlandais en 1677, considérèrent – à la différence de ces derniers – l’activité des intermédiaires luso-africains comme nuisible à leurs intérêts, tandis que les échanges commerciaux diminuaient par suite de la hausse des prix. Aussi les plus actifs des Luso-africains se replièrent-ils vers le Sud dès la fin du XIIIe siècle, se fixant en Gambie, en Casamance (où ils restèrent jusqu’au XIXe siècle), et en Guinée-Bissau.

En ce qui concerne le fleuve Sénégal, il fut découvert par Gomes Pires et Lançarote en 1445. En 1489, une flotte commandée par l’amiral portugais Pero Vas da Cunha arriva à l’embouchure du fleuve. Un prince wolof, Bemoï Gilem, se trouvait à bord d’une des caravelles. La construction d’une forteresse fut entamée, mais bientôt abandonné, Pero Vas ayant tué le prince africain.

Des groupes de Luso-africains ne semblent pas s’être constitués sur le fleuve. Par contre, avant que les Français ne s’établissent à l’embouchure en 1638, des Portugais y commerçaient et le remontaient, parfois très profondément. Les chutes du Félou étaient connues dès le XVe siècle, et le roi Joào II avait donné des ordres pour tenter de les faire sauter.

A la fin du XVe siècle, des Portugais se rendirent à Tombouctou, à la cour du Grand Fulo, et là celle du roi du Mali. A la fin du siècle suivant, un Juif portugais, Joào Pereira, dit Ganagoga, avait épousé la fille du Grand Fulo et était très influent sur le fleuve.

 

Panneau n°50

Légendes des photos (10)

1. D. Henrique, Infant de Portugal, surnommé le Navigateur (1394-1460). Il est considéré comme le promoteur des premières navigations portugaises à la côte de Guinée. L’année de sa mort, la Sierra Léone était atteinte.

2. Tombeau de Diogo de Azambuja, fondateur l’el-Mina, le premier fort portugais à la côte de Guinée. A l’escale d’aller, il fit construire à Gorée une chapelle, où la messe fut dite le jour de Noël 1481.

3. D. Joào II, roi de Portugal de 1481 à 1495. Surnommé le « Prince Parfait » il avait été chargé par son père, dès 1475, de l’administration des territoires d’Outre-Mer. Sous son règne fut construit le fort d’el-Mina (Côte de l’Or), fut doublé le cap de Bonne Espérance (1487), et fut signé le traité de Tordesillas (1494), fixant la démarcation entre les possessions portugaises et espagnoles du Nouveau Monde.

4. Caravelle, navire d’origine probablement portugaise, comprenant de voiles latines (triangulaires). De forme plus fine que la nef, il était meilleur à la manœuvre et fut utilisé au cours du Descabrimento portugais.

5. Ruines de l’ancien couvent des Jésuites aux îles du Cap Vert. Au début du XVIIe siècle, plusieurs missionnaires jésuites se rendirent en divers points de la Côte compris entre le Cap Vert et la Sierra Leone. Leur chef, le P. Baltasar Barreira, alors âgé de 66 ans, se rendit à Joal et à Portudal en 1608, où il fut reçu avec enthousiasme.

6. Soldat portugais, d’après un bronze du Bénin du XVIe siècle.

7. Pierrier de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, se trouvant actuellement dans un village du Sine. Constitue la plus ancienne bouche à feu de toute l’Afrique Noire. A probablement été fabriqué aux Pays-Bas et devait se trouver sur une des caravelles du Descobrimento ayant fait naufrage à la côte.

8. Armes de D. Joào Bemoï, d’après un armorial du XVIe siècle. Ce prétendant au trône du Djolof se réfugia au Portugal, fut baptisé le 3 novembre 1488 et armé chevalier par Joào II. Il fut assassiné à l’embouchure du fleuve Sénégal par le chef portugais de l’expédition montée pour le mettre sur le trône.

9. Les Portugais avaient coutume d’ériger un padrào aux endroits nouvellement découverts des côtes d’Afrique, des Indes ou de Chine. Ces colonnes de pierre arrivaient toutes façonnées du Portugal. Au Sénégal, un padrào avait été dressé au cap de Naze (sud de Poponguine).

10. A la petite Côte, les Portugais habitaient des habitations en paille ou en banco, dont aucun reste n’a encore été retrouvé. Les seuls vestiges de leur passage connus jusqu’ici consistent en goulets de jarres à huile (poterie vernissée) importées de métropole et portant parfois, comme ci-dessus, la marque du fabriquant.

 

Panneau n°51

Néerlandais

Les marins néerlandais ne commencèrent à commercer à la côte de Guinée qu’un siècle et demi après les Portugais ; leur première campagne ne remonte en effet qu’à l’année 1594. Il leur suffit néanmoins de quelques années pour conquérir le marché, leurs marchandises étant moins chères et plus différenciées que celles de leurs concurrents portugais. Ces campagnes commerciales étaient financées par divers groupes de marchands.

En 1598, des commis de Balthasar de Moucheron, célèbre armateur établi en Zélande, résidaient à Portudal et à Joal. Ils inauguraient une tactique commerciale consistant à laisser pendant plusieurs mois un commis avec ses marchandises dans certains ports de la Petite Côte. C’est ainsi que Peter van den Broecke rapporte dans son journal qu’en 1606 il demeura pendant cinq mois dans une case de Portudal, à trafiquer avec les habitants. Cette technique, très avantageuse, nécessitait une totale confiance dans l’autorité des souverains africains, le commis étant laissé seul. Elle fut également utilisée au Bénin et à Loango, au Congo.

En 1621 fut fondée la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Jouissant du monopole commercial, elle regroupait les associations de marchants de la période antérieure.

En 1627, le damel Biram donna à la Compagnie de la petite île qui doit son nom de Gorée à l’appellation de Goede Ree (Bonne Rade) que lui avaient donné les marins néerlandais. Un fort fut bientôt construit sur la partie basse, tandis qu’un fortin était édifié ultérieurement au sommet.

En 1664, en pleine paix, le major anglais Robert Homes s’empara de Gorée. Celle-ci fut reprise la même année par Michel de Ruyter, le plus célèbre marin néerlandais de son temps. En 1677, le vice-amiral Jean d’Estrées obtint la capitulation de Pieter Hoppesack, le gouverneur de l’île pour la Compagnie. Au cours des années suivantes, les Néerlandais vont opiniâtrement tenter de revenir commercer à la Petite Côte.

Leurs navires seront saisis ou refoulés par les Français qui les avaient remplacés.

Le demi-siècle (1627-1677) durant lequel la compagnie néerlandaise des Indes occidentales occupa Gorée, semble avoir été bénéfique pour les habitants de la Petite Côte.

Quelque 50 000 peaux étaient acheminées chaque année de l’intérieur du pays vers les comptoirs de Rufisque, de Portudal et de Joal, d’où elles étaient transportées à Gorée. A côté de cette exportation principale, de cire, de l’ivoire, de l’ambre gris et un peu d’or étaient également négociés. Quant aux esclaves, la Compagnie n’en acheta que peu à la Petite Côte, du moins jusqu’en 1671. A la suite d’une guerre dite des Marabouts, leur nombre s’accrut au cours des années suivantes. Pendant la « période néerlandaise », les navires de toutes nationalités venaient librement commercer à la Petite Côte.

En ce qui concerne le fleuve Sénégal, les Néerlandais le fréquentèrent pendant quelques années, au mécontentement de leurs concurrents français. Ils y renoncèrent lorsqu’ils se furent emparés d’Arguin, à la côte mauritanienne, en 1633.

 

Panneau n°52

Légendes des photos (9)

1. Balthazar de Moucheron à l’âge de 14 ans. Fragment d’un tableau d’auteur inconnu. Célèbre armateur qui avait quitté Anvers pour se fixer à Zélande. Vers 1598, il avait des commis établis à Portudal et à Joal.

2. Pieter van den Broecke (1595-1640). Portrait par Frans Hals. Né à Anvers mais fixé aux Pays-Bas, il commerça à la Petite Côte entre 1606 et 1609. Il a laissé une relation surtout importante du point de vue économique.

3. Peter Pietersz Heyn (1578-1629). Célèbre marin néerlandais qui, en septembre 1628, s’empara de la « Flotte d’argent » espagnole. Deux ans plus tard, en décembre 1626, il avait fait mouiller sa flotte à Rufisque pour s’y ravitailler.

4. Michiel Adrianensz. de Ruyter (1607-1676) par K. Dujardin, en 1669. Célèbre homme de mer néerlandais, il reprit Gorée aux Anglais le 24 octobre 1664.

5. Rapide, peu couteuse, à grande capacité, ne nécessitant qu’un équipage réduit, la flûte donna aux Pays-Bas la maîtrise du transport maritime. Elle apparut à Hoorn, vers 1600.

6. La première description de la côte de Guinée à avoir été imprimée est due à Pieter de Marees. Elle parut en flamand en 1602 et en français trois ans plus tard.

7. Carte du fleuve Sénégal dressée par Joes Bastiaensz, marin néerlandais, en 1628. Cette carte peut être considérée comme la plus ancienne de ce fleuve, les précédentes étant sans valeur. On y trouve mentionné des séries de localités aux noms identiques aux actuels : Walaldé, Caséqua (Cascas), Toude Jabe (Dioudé Diabé), Baro Barobé, Dabé etc.

8. La Compagnie Néerlandaise des Indes Occidentales fut fondée en 1621. La maison des Indes Occidentales fut construite à Amsterdam en 1641. Les peaux achetées à la Petite Côte y étaient mises aux enchères.

9. Dessin à la sépia de deux Sénégalais dans une pirogue, au mouillage de Gorée. Exécuté en 1673 par Van Heck, Néerlandais se trouvant à bord du navire Coeverden. Il semble le premier dessin d’après nature d’Africains du Cap-Vert.

 

Panneau n°53

TEXTE

Anglais

Des Anglais fréquentèrent épisodiquement les côtes de Guinée depuis le premier tiers du XVIe siècle. Ils nouèrent des relations commerciales parfois assez suivies avec les habitants de la Petite Côte. C’est ainsi qu’en 1587 et au cours des années suivantes, des navires anglais s’y rendirent, moyennant payement de droits à D. Antonio, le prétendant évincé à la couronne de Portugal. Un peu plus tard, entre 1599 et 1613, des marchands anglais allaient vendre en Italie et au levant des peaux et de l’ivoire achetés à Portudal et à Joal. Des bâtiments anglais se rendaient également sur le fleuve Sénégal : en 1628, deux navires négriers y furent capturés par les Français.

La première occupation de Gorée par les Anglais fut de courte durée : prise aux Néerlandais par le major Robert Holmes en janvier 1664, l’île fut reconquise la même année par l’amiral Michiel de Ruyter.

L’occupation anglaise de Saint-Louis et de Gorée en 1693 par John Booker ne fut qu’un raid sans lendemain.

La troisième tentative fut un peu plus longue. Gorée fut occupée de 1758 à 1763 et de 1779 à 1783. De son côté, Saint-Louis restait aux mains des Anglais de 1758 à 1763 et de 1779 à 1783.

La quatrième (et dernière) occupation des Anglais le mit en possession de Gorée de 1800 à 1817 (courte reprise par les Français en 1804), et de Saint-Louis de 1809 à 1817.

Lorsqu’ils occupèrent Saint-Louis, entre 1758 et 1779, les Anglais se livrèrent surtout à la traite négrière sur le Bas-Sénégal. Hostiles au Walo, ils contribuèrent à abaisser ce royaume, déjà en butte aux agressions des Maures. Lorsqu’ils reprirent Saint-Louis en 1809, les Anglais avaient supprimé la traite négrière depuis deux ans. Ils élaborèrent un plan de mise en valeur du pays, mais la brièveté de leur présence (1809-1817) ne leur permit pas de le mener à bien.

A Gorée, les Anglais autorisèrent les habitants à construire sur des emplacements jusqu’alors interdits, la frange côtière des « cinquante pas du Roi ». Cette mesure provoqua une augmentation considérable du nombre de maisons en maçonnerie.

 

Panneau n°54

Légendes des Photos (10)

1 - Sir John Hawkins (1532-1595). Effectua trois expéditions négrières (1562, 1564, 1567), au cours desquelles il se procura des esclaves par rapt ou par alliance guerrière avec des chefs africains. Sa tentative de se procurer des esclaves au Cap Vert par la violence se solda par un échec.

2 - Frontispice de the Golden Trade, ouvrage paru en 1623. Son auteur Richard Johnson, qui avait séjourné en Gambie, y décrit les habitudes des habitants et les ressources du pays.

3 - Prince Robert de Bavière, plus connu sous le nom de Prince Rupert (1619-1682). Après la mort du roi d’Angleterre Charles 1er, il sillonna les mers à la tête d’une flottille royaliste, faisant escale, en 1652, en Gambie et à la Petite Côte qu’il fut le premier prince de rang royal à aborder.

4. Robert Holmes (1682-1692). Amiral, gouverneur de l’île de Wight. Accompagnait le prince Rupert lorsque celui-ci se rendit à la Petite Côte et en Gambie en 1652. S’empara de l’île St-André (alors possession courlandaise) en 1651, et la rebaptisa James Island. Prit Gorée aux Néerlandais en 1664.

5. Le duc de Lanzun, commandant les troupes de débarquement de l’escadre du marquis de Vaudreuil, reçoit des mains de l’Anglais Gilbert Staunton, la capitulation de Saint-Louis du Sénégal (janvier 1779).

6 - Médaille commémorative, frappée à l’occasion de la prise de Gorée par les Anglais en 1758. L’île redeviendra française en 1763 par le traité de Paris.

7 - Liverpool au XVIIIe siècle. Cette ville était alors le premier port négrier, non seulement de grande Bretagne mais de toute l’Europe.

8 - Auguste Keppel (1725-1786). Contre-amiral en 1762, vice-amiral en 1778, premier Lord de l’Amirauté, élevé à la pairie avec le titre de vicomte. S’empara de Gorée sur les Français le 29 décembre 1758.

9 - Mungo Park (1771-1806). Voyageur anglais. Mourut alors qu’il descendait le Niger, au cours de son second voyage dans l’intérieur du continent africain. Il avait pris le départ avec une escorte de 35 hommes prélevés sur la garnison de Gorée, alors possession anglaise.

10 - L’ancienne Seven guns Battery, située dans le centre de Banjul (ex-Bathurst). La ville fut fondée par le capitaine Alexander Grant, parti de Gorée en mars 1816, avec 50 hommes du Royal African Corps et 24 artisans de l’île.

 

 

Panneau n°55

TEXTE

Français (Ancien Régime)

Après les Portugais, les premiers Européen à commercer assidûment à la côte de Guinée furent les Français. A partir de 1540, les documents indiquent qu’ils se rendaient fréquemment en Sénégambie, en Sierra Léone et à la côte de Malaguette (actuel Libéria).

En ce qui concerne le fleuve Sénégal, c’est en 1638 que le capitaine Thomas Lambert édifia la première habitation française. A l’exception de quelques années d’occupation anglaise (1693, 1758-1779), les Français se maintiendront sur le fleuve jusqu’à la Révolution. Ils y construiront le Fort Saint-Louis, à l’embouchure, en 1659.

Par la suite, ils édifièrent plus en amont d’autres établissements, dont les plus considérables Saint-Joseph (1700-1702 et 1714-1758) sur le haut Fleuve et le fort Saint-Pierre (1714-1720) sur la Falémé.

En ce qui concerne la Petite Côte, les Français continuèrent à la fréquenter pendant la « période néerlandaise » (1627-1677), comme ils l’avaient fait auparavant, en sorte que, dès le début du XVIIe siècle plusieurs habitants des localités côtières parlaient français et que certains s’étaient rendus en France. En 1677, le vice-amiral Jean d’Estrées prit Gorée aux Néerlandais. Les Français occuperont l’île jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, en dehors d’une dizaine d’années de présence anglaise (1693, 1758-1763, 1779-1783). Ils possédaient le plus souvent des comptoirs à Rufisque, à Portudal et à Joal.

Sur le fleuve comme sur la Petite Côte, la principale activité commerciale des Français sous l’Ancien Régime fut le trafic des esclaves ; il s’y ajoutait, sur le fleuve Sénégal, le commerce de la gomme.

De 1633 (fondation de la première Compagnie du Sénégal, sous Richelieu) jusqu’en 1791 (abolition de privilège de la Compagnie par la Constituante), les établissements français furent placés sous l’autorité totale ou partielle d’une Compagnie. Fait seule l’exception, la période de 1763 à 1774, au cours de laquelle ils passèrent sous l’administration directe du gouvernement royal. La plupart des Compagnies qui se succédèrent sous l’Ancien Régime furent déficitaires.

Parmi les personnalités de l’Ancien Régime qui fréquentèrent la concession du Sénégal, nous citerons certains des directeurs, tels Louis Moreau de Chambonneau, Michel Jajolet de la Courbe, André Bruë, Pierre David, Stanislas de Boufflers, qui tous laissèrent des écrits qui ont été publiés. Quant à Michel Adanson, il effectua d’intéressantes observations notamment en histoire naturelle.

 

Panneau n°56

Légendes des photos (11)

1 – « Roi du Cap Vert » ou « Sultan de Jolofs », tel qu’il est représenté dans la Cosmographie Universelle (1575) d’A. Thevet. Œuvre d’imagination, quoi qu’en dise l’auteur, qui reflète néanmoins l’ancienneté de la présence française dans la région du Cap Vert.

2 - François-Joseph Le Clerc du Tremblay, dit le Père Joseph (1577-1638). Capucin, confident de Richelieu, préfet des missions, envoya en 1634 deux capucins normands à la Petite Côte, à savoir les PP. Alexis de Saint-Lô et Bernardin de Renouard. Ils obtinrent des résultats encourageants. Par contre, une seconde mission, partie en 1636 se termina par un échec.

3 - Vue de l’attaque de Gorée par l’escadre du vice-amiral Jean d’Estrées, le 1e novembre 1677. P. Hoppesack, le gouverneur néerlandais pour la Compagnie des Indes Occidentales, capitula après une faible résistance.

4 - Jean, comte d’Estrées, vice-amiral de Ponant, maréchal de France (1624-1707). Il prit Gorée aux Néerlandais le 1e novembre 1677.

5 - Vue de Fort Saint-Louis, à l’embouchure du fleuve Sénégal. On aperçoit l’entrée à l’avant-plan, et à l’arrière-plan les quatre tourelles et la chapelle. Dessin de Louis Moreau de Chambonneau effectué en 1694. Celui-ci venait alors de reprendre possession du fort, pris l’année précédente par les Anglais.

6 - Arrestation d’André Brüe, sur ordre de Lat Soucabé, souverain du Cayor et du Baol, le 6 juin 1701. Œuvre d’imagination (Brüe était corpulent), mais fait réel. A. Brüe, qui fut avec Pierre David le directeur général le plus entreprenant, ne resta prisonnier que pendant douze jours.

7 - Michel Adanson (1727-1806). Buste par J.A. Bouilliet (1798). Naturaliste français, membre de l’Académie des Science. Séjourna au Sénégal de 1749 à 1753, où il effectua d’intéressantes observations. Publia une Histoire Naturelle du Sénégal.

8 - Prise de Gorée par l’escadre du commodore A. Keppel, le 27 décembre 1758. Les Français se rendirent, après une faible résistance. Quelques mois auparavant, les Anglais s’étaient emparés de Saint-Louis.

9 - Armand-Louis de Gontaut-Biron, duc de Lauzun (1747-1793). Commandant les troupes de débarquement de l’escadre du marquis de Vaudreuil, se rendant aux Antilles. Il obtint la capitulation de la garnison anglaise de l’île Saint-Louis, le 30 janvier 1779, après une faible résistance.

10 - Stanislas-Jean, chevalier puis marquis de Boufflers (1738-1815). Auteur de poésie et de contes, ainsi que d’une correspondance adressée à la comtesse Eléonore de Sabran, qu’il épousa en 1795, après son retour en France en 1788.

11 - Vue de port de Nantes au XVIIIe siècle. En 1788, le tonnage négrier atteignait 12 800 tonneaux, soit le tiers de tous les ports du royaume réunis. Venaient ensuite La Rochelle et Le Havre, suivis de Bordeaux.

 

 

Panneau n°57

TEXTE

Français (XIXe s.)

Le traité de Paris du 30 mai 1814 rendait à la France ses possessions au Sénégal. Mais ce n’est qu’au début de 1817 que le colonel Schmaltz, rescapé du naufrage de la Méduse (juillet 1816), put rétablir l’autorité de la France sur Saint-Louis et Gorée. Pendant 37 ans, 32 gouverneurs se succédèrent à la tête du Sénégal.

Seul le baron Roger, qui resta à Saint-Louis de 1822 à 1827, put appliquer une politique un peu suivie. Estimant que l’économie du pays pouvait reposer sur autre chose que le commerce de la gomme, il essaya de développer l’agriculture. Mais ce n’est qu’en 1841 que Jaubert, un industriel de Marseille, commença la culture de l’arachide.

Pendant cette première moitié du XIXe siècle, les missions catholiques se développèrent dans le pays. En mars 1819, sept religieuses de St Joseph de Cluny débarquèrent à Saint-Louis, rejointes en 1822 par leur fondatrice, Mère Anne-Marie Javouhey qui, en deux années de présence, donna une grande impulsion aux œuvres catholiques. Une église fut construite à Saint-Louis en 1826, et à Gorée en 1830. Les frères de Ploërmel prirent en charge l’enseignement en 1845. Une mission fut fondée à Dakar en 1846.

Si une ordonnance royale du 7 septembre 1840 institua un gouvernement du Sénégal et dépendances, le vrai créateur de la colonie fut Louis Faidherbe qui, en deux séjours, resta dix ans (1854-1865) à la tête du pays. Il facilita le commerce de la gomme en affermissant l’autorité française sur toute la vallée du fleuve et, en créant le port de Médine (1855), ouvrit la route vers le Niger. C’est aussi de 1855 que datent la Banque du Sénégal, l’Imprimerie du Gouvernement et le Journal officiel. Le 31 juillet 1857 était institué le premier bataillon de Tirailleurs sénégalais.

Pinet-Laprade fut le fondateur de la ville de Dakar (1857) et de son premier port (1860-1866). De 1876 à 1881, Brière de l’Isle poussa l’organisation de la colonie. Le chemin de fer Dakar-Saint-Louis fut inauguré en 1885. Au cours des vingt dernières années du XIXe siècle, de nombreux traités passés avec les souverains locaux permirent à la France d’établir son autorité sur l’ensemble du pays.

 

Panneau n°58

Légendes des photos (9)

1 - Le jardinier Claude Richard (1738-1869). Durant la Restauration (1814-1830), des essais de culture (coton, indigo) furent pratiqués sur la rive du fleuve Sénégal. L’hostilité des habitants, le peu d’enthousiasme des traitants, la teneur en sel des terrains, les fit abandonner. Le jardinier Richard a laissé son nom à l’établissement de Richard-Toll (le jardin de Richard).

2 - Louis Faidherbe (1818-1889). Polytechnicien. Après avoir servi en Algérie et aux Antilles, arrive au Sénégal en 1852 nommé sous-directeur des services du génie. Gouverneur du Sénégal en 1854-61 et en 1863-65. Eut à combattre El Hadj Omar Tall, Lat Dior et Mohamed el-Habib. Il étendit l’influence française au Sénégal et amorça la pénétration au Soudan.

3 - Jean Pinet Laprade. Né en 1822. Polytechnicien. Sous - lieutenant du génie en 1843. Arrive au Sénégal en 1849 et devient l’adjoint du capitaine Faidherbe. Commandant supérieur de Gorée et dépendances en 1859. Succède comme gouverneur du Sénégal à Faidherbe en 1865. Meurt du choléra à Saint-Louis en 1869. Est considéré comme le fondateur de Dakar.

4 - Maka-Amady, Nafé-Bakary et Koly, fils de chefs du fleuve, otages du gouvernement (1858). L’Ecole des Otages fut instituée par Faidherbe en 1855. Deux ans plus tard, elle prit le nom d’Ecole des Fils de Chefs et forma en quinze ans plus de cent Sénégalais pour le commandement des provinces.

5 - Tirailleurs Sénégalais accompagnant le commandant Gallieni dans la mission du Haut-Niger en 1880.

Le bataillon des Tirailleurs sénégalais fut crée par décret du 21 juillet 1857. Ceux-ci étaient recrutés par engagement volontaire. Les musulmans prêtaient serment sur le Coran. L’armement se composait d’un fusil et d’un sabre d’infanterie. L’historien français P. Cultru écrit en 1915 : « On peut affirmer que sans les tirailleurs nous n’aurions pas d’Empire africain ».

6 - Le port de Bakel en 1859 ; les collines environnantes sont surmontées de tours. Vers le milieu du XIXe siècle, l’autorité française n’était effective que dans l’enceinte des ouvrages fortifiés, et dans les villes de garnison. Bakel jouait un rôle important comme porte du Bambouk et du Soudan.

Sous le gouvernement de Faidherbe, de nombreux postes fortifiés, reliés entre eux, furent édifiés sur la rive gauche du Sénégal et dans la zone côtière.

7 - La gare de Dakar en 1884. Le chemin de fer Dakar/Saint-Louis fut inauguré l’année suivante. Dès 1886, le mouvement des voyageurs atteignit 112 518 personnes. La voie ferrée provoqua en outre l’extension de la culture de l’arachide. Le damel Lat-Dior s’opposa résolument à la pose de cette voie ferrée qui, disait-il, allait « fendre en deux » ses Etats. Cette opposition fut en partie cause de sa mort, à Dekhlé en 1886.

8 - Pose d’une ligne télégraphique au Soudan en 1897. La première de ces lignes remonte à 1859. Elle reliait Saint-Louis à Gandiol. A la fin du siècle, Saint-Louis, Dakar, Bakel, Ziguinchor sont reliés télégraphiquement. A partir de 1884, la pose d’un câble sous marin unit Saint-Louis à Paris. Le réseau télégraphique favorisa grandement l’emprise française sur l’Afrique occidentale.

9 - Dakar, vu de Gorée en 1867. On aperçoit le port et la jetée. Le 25 mai 1857, A. Protet, commandant supérieur à Gorée, prit officiellement possession de Dakar, où était déjà établie une mission catholique. J. Pinet-Laprade dirigera ensuite l’aménagement du port (inauguré le 4 novembre 1866) et de la ville.

 

 

Panneau n°59

TEXTE

Français (XXe siècle)

Un décret du 16 juin 1895 regroupait toutes les possessions françaises, de la Mauritanie au Dahomey, en une Afrique Occidentale Française, administrée de Saint-Louis par le Gouverneur du Sénégal. Après plusieurs modifications, l’A.O.F trouva son visage définitif par le décret du 18 octobre 1904. Son chef, le Gouvernement Général, résida à Gorée, en attendant l’achèvement du Palais, en 1907. Le Gouverneur Général Ernest Roume, qui dirigea l’A.O.F de 1902 à 1908, en fut le véritable organisateur.

Auparavant, le Sénégal avait eu pour la première fois la visite du ministre des Colonies. André Lebon, qui en 1897 inaugura le pont de Faidherbe à Saint-Louis, présida une conférence de tous les gouverneurs, et remonta le fleuve Sénégal jusqu’à Kayes.

Des emprunts permirent de réaliser de grands travaux, agrandissement du port et construction du chemin de fer de Thiès à Kayes qui, commencé en 1907, fut achevé en 1923, ouvrant la liaison directe Dakar-Bamako.

Après Ernest Roume, William Merlaud-Ponty fut gouverneur jusqu’à sa mort en 1915. Son successeur, Joost van Vollenhoven, démissionna en 1917 et trouva la mort sur le champ de bataille.

Entre les deux guerres, il n’y eut que quatre gouverneurs généraux : Martial Merlin (1919-23), Jules Carde (1923-30), Jules Brévié (1930-36) et Marcel de Coppet (1936-38). Plusieurs établissement importants furent fondés, comme l’Ecole Africaine de Médecine et de Pharmacie (1918) et l’Institut Français d’Afrique Noire (1936).

En 1940, le gouverneur général Pierre Boisson, maintient l’A.O.F dans la dépendance du Gouvernement de Vichy, et s’opposa en septembre à la tentative de débarquement à Dakar des forces anglaises et du général de Gaulle. A partir de 1943, Dakar, rallié à la France libre, devient une base aérienne. Le général de Gaulle y fit escale en janvier 1944 en se rendant à la conférence de Brazzaville.

A partir de 1946, l’évolution s’accéléra, les Africains envoyèrent des représentants dont les Assemblées métropolitaines, tandis que siégeait à Dakar une Assemblée fédérale appelée Grand Conseil de l’A.O.F. En mai 1957, fut mis en place un Conseil du Gouvernement. Le retour au pouvoir du général de Gaulle amorça la dernière phase de la décolonisation qui s’acheva, le 20 juin 1960, par l’indépendance du Sénégal, associé au Soudan dans la Fédération du Mali.

Les derniers Gouverneurs Généraux furent Paul Béchard (1948-51), Bernard Cornut-Gentille (1951-56), Gaston Cusin (1956-58) et Pierre Messmer, qui quitta Dakar le 22 décembre 1959.

 

 

 

Panneau n°60

Légendes des photos (8 photos).

1 - Ernest Roume

Nommé Gouverneur Général de l’A.O.F en 1902, étant le troisième à occuper cette fonction. Réorganise le Gouvernement Général en 1904, élaborant le statut de l’A.O.F sur le modèle de celui de l’Indochine. Roume dispose d’un budget spécial de l’A.O.F, ce qui lui permet de contracter des emprunts (65 millions en 1903 ; cent millions en 1906), pour l’exécution du « plan Roume ». Celui-ci consiste à doser chacune des colonies (Sénégal, Guinée, Côte-d’Ivoire, Dahomey) d’un chemin de fer allant de Côte au fleuve Niger avec, en outre, une transversale reliant ces quatre régions. Le projet prévoit également la création ou l’extension de ports à la côte.

En 1907 le Gouvernement Général quitte Gorée, pour s’installer à Dakar dans l’actuel palais présidentiel. Quant au gouverneur du Sénégal, il réside à Saint-Louis.

Roume quitte l’A.O.F en 1908, remplacé par William Merlaud-Ponty, qui poursuit l’exécution du plan de son prédécesseur.

2 - Ouverture, en 1908, d’une tranchée pour le passage des rails du chemin de fer de Guinée (Conakry-Kourouma). A cette date, la liaison Conakry-Timbo était achevée. Une extension Bamako-Kourouna était prévue. Elle ne sera pas réalisée. Actuellement la ligne de Conakry se termine à Kankan.

3 - Joost van Vollenhoven.

Né en 1877. De nationalité hollandaise, naturalisé français. Reçu à l’Ecole Coloniale en 1899. Gouverneur général par intérim de l’Indochine en 1924.

Gouverneur Général de l’A.O.F en 1916. Informe la métropole qu’aucun recrutement nouveau n’est possible dans son gouvernement, sous peine de troubles. Donne sa parole à plusieurs chefs africains de la clôture de celui-ci.

En décembre 1917, le gouvernement de Georges Clémenceau décide la levée de 75 000 tirailleurs pour le front, et nomme Blaise Diagne, député du Sénégal, Haut-Commissaire au recrutement. Van Vollenhoven démissionne et reprend du service dans le régiment d’Infanterie Coloniale marocain. Il est tué d’une balle dans le cou en juillet 1918.

Blaise Diagne recrutera près de 80 000 soldats parmi les populations de l’Afrique française.

4 - Tirailleurs Sénégalais partant à l’assaut lors des combats de Charleroi (août 1914). En début dela Première Guerre Mondiale et jusqu’en 1916, une moitié des tirailleurs « Sénégalais » provenait du Sénégal et du Soudan. Par la suite, l’apport de recrues originaires de la zone forestière augmenta. Au total, 211 000 hommes servirent sur les fronts européens (y compris les Dardanelles), et près de 30 000 y trouvèrent la mort.

Les troupes africaines ne restaient au front que durant la bonne saison, les hommes supportant mal l’hiver européen.

5 - Marcel de Coppet.

Né en 1887. Entré dans l’administration coloniale en 1905, fut en fonction dans diverses régions d’Afrique, notamment au Sénégal (1910-18).

Nommé Gouverneur Général de l’A.O.F sous le Front populaire, le 8 août 1936. Arrive à Dakar en compagnie du Ministre des Colonies, Marius Moutet, lequel déclare que son gouvernement veut « amener la population noire à une situation économique la mettant sur le même pied que les paysans de nos campagnes ».

Le passage de M. de Coppet au gouvernement général fut considéré par beaucoup de Sénégalais comme une étape décisive dans l’émancipation des masses africaines. Peu enclin à favoriser le christianisme, il est très favorable à l’Islam, entretient des relations suivies avec Seydou Nourou Tall, s’incline sur le tombeau d’Amadou Bamba, assiste au salam de la Tabaski, pose la première pierre de la grande mosquée de Dakar.

Son retour en France fut présenté comme provisoire, et Pierre Boisson, qui lui succède en novembre 1938, fut désigné comme gouverneur général par intérim. M. de Coppet permutera ensuite avec L. Cayla, gouverneur général de Madagascar.

6 - Défilé du 14 juillet 1936 à Dakar. Sur la photo, le drapeau rouge cache le tricolore. Africains et Européens défilent, le poing levé. L’armée non visible sur la photo, précède la voiture.

7 - Pierre Boisson.

Né en 1894. Se bat courageusement pendant la première Guerre Mondiale, perdant une jambe à Verdun. Sort premier de l’Ecole Coloniale. Nommé Gouverneur Général de l’A.O.F par intérim, arrivant à Dakar en novembre 1938. Gouverneur Général de l’A.E.F. en 1939-40. Nommé Haut Commissaire de l’Afrique française le 25 juin 1940, il arrive à Dakar le mois suivant. S’oppose à une tentative de débarquement anglo-gaulliste à Dakar, en septembre 1940. Les troupes américaines ayant débarqué en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, les autorités de l’A.O.F rallient officiellement la cause alliée le 23. Boisson signe un accord avec D. Eisenhover et F. Darlan le 7 décembre, ouvrant l’aéroport et le port de Dakar aux Alliés, et devient membre du Conseil Impérial.

Le 3 juin 1943, Charles de Gaulle arrive à Alger, partageant avec Henri Giraud la présidence du Comité français de la Libération nationale. Le jour même, ledit Comité décide du rappel de Pierre Boisson. Ce dernier démissionne le 24 juin et est remplacé par Pierre Cournarie, précédemment gouverneur du Cameroun.

Arrêté le 15 décembre 1943, P. Boisson passe plus de deux ans en prison. Il meurt en France, au moment où il allait être renvoyé devant la Haute-Cour.

8 - Tentative anglo-gaulliste à Dakar.

Le contre-torpilleur Audacieux est touché par une salve anglaise en rade de Dakar (septembre 1940), 80 marins tués.

Après la capitulation française (juin 1940), les Anglais craignirent que les Allemands ne s’emparent de la flotte française et effectuèrent diverses opérations pour parer à cette éventualité :

- Mers-el-Kébir (près d’Oran), où une escadre française est attaquée par une flotte de la Royal Navy. Trois cuirassés mis hors de combat, 1297 marins français tués (3 juillet 1940).

- Cuirassé Richelieu (35 000 t.) attaqué et endommagé par des avions torpilleurs anglais en rade de Dakar (8 juillet 1940).

- Escadre anglaise accompagnée de quelques navires français (ayant à bord Charles de Gaulle) tente de rallier Dakar à la cause alliée (23 à 25 septembre 1940). Une tentative contre l’aéroport de Ouakam échoue, de même qu’un essai de débarquement à Rufisque. Devant la résistance des autorités vichystes, les Anglo-Gaullistes se retirent. Selon les chiffres officiels le bombardement cause la mort de 74 Sénégalais et de 92 Européens.

Padrào

Il ne s’agit pas d’un padrào authentique mais d’une reproduction. Celle-ci constituait la partie centrale d’un monument fait au Portugal et envoyé à Dakar par le Ministre d’Outre-Mer à l’occasion de la semaine du Portugal à Dakar (10 au 18 mai 1952). il était destiné à commémorer le cinquième centenaire de la découverte du Cap-Vert. Voir sur cette affaire Doc-XV-6, dept. Pré-Protohistoire de l’IFAN.

Le haut-commissaire de l’A.O.F refusa l’érection de ce monument au Cap Manuel. Seul le padrào fut élevé dans la cour intérieure du Musée Historique de Gorée (Maison Victoria Albis), tandis que le reste du monument fut jeté en vrac dans le jardin du Musée d’Art Africain de la place Soweto.

Le padrào est formé de trois parties simplement superposées : la colonne, le boc parallélépipédique avec l’inscription, et les armes du Portugal, la croix en pierre.

L’inscription est la suivante :

No ano do na - (côté dr) Cimento de noso Sor Thù X-po de mill ‘‘‘/c  R ‘‘‘‘ ho m -uy alto muy eicelête po - (arrière) deroso principe el Rey gall màdou descorbrir es - (côté g.) ta cera por Denis Dias escudeiro de sua case

Face : Armes de Portugal

Trad. : En l’année de la naissance de notre Seigneur Jésus Christ de 1444, le Très haut, Très Excellent, Très Puissant prince de Portugal ordonna à Denis Dias, écuyer de sa maison, de découvrir cette terre.

Coffre de traitant

Existait déjà dans l’ancien Musée Historique (maison Vicoria Albis).

Dimension : 47,5 x 95 x (hauteur) 65 cm Hauteur du socle : 40 cm

La clef a été perdue par le gardien de l’ancien Musée Historique. La serrure se démarque par plaque métallique coulissante.

Inscription : « Coffre de traitant Saint-Louisien ». Poids : 72 kg. Bois revêtu de bandes de fer cloutées. Serrure dissimulée derrière une des bandes".

Informations d’origine : R. Mauny, dans le Guide du Musée Historique de l’A.O.F à Gorée (1955), se borne à écrire : « Coffre-fort de traitant sains-louisien ». 
© AAMHIS 2013 - Musée Historique Gorée (Sénégal) – Tél (221) 33 842 77 60 < aamhisgoree@gmail.com >   Credit
Conception: