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Dcs Yves Thilmans - 23 fvrier 2018
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Prsentation de l'ouvrage TIRAILLEURS SENEGALAIS Tmoignages pistolaires 1914-1919 - Mercredi 11 Mars 2015
Pierre ROSIERE-Mamadou KONE-Cyr DESCAMPS prsenteront l'ouvrage l'Institut Franais 18h30
Prsentation du livre les Garnisons de Gore - Lundi 5 Mai 2014
19 heures l'Institut franais de Dakar (89, rue Joseph Gomis) prsentation du livre "Les Garnisons de Gore" de Maurice MAILLAT.
Message de Stephen Grant, membre d'honneur de l'AAMHIS - mardi 18 fvrier 2014
Livres sur Strickland, consul amricain Gore Lien : http://www.youtube.com/watch?v=M-wrBKbOSF8

Salle 8: RESISTANCES

Après avoir assuré la muséographie de la Salle 10, G. Thilmans a regroupé les notices qu’il avait rédigées dans une brochure polycopiée intitulée BIOGRAPHIE SOMMAIRE DE DIX RESISTANTS SENEGALAIS qui a été vendue au profit de l’Association des Amis du Musée Historique. C’est ce texte que nous présentons ici ; il était précédé par la mention suivante :

 

Le lecteur trouvera ci-après des biographies sommaires de dix résistants sénégalais. Le texte est la reprise de ceux présentés aux visiteurs dans la salle 8 du Musée Historique de Gorée. La bibliographie en fin de travail a été limitée aux ouvrages et articles les plus accessibles à Dakar.

 

ABDOUL KADER KANE (1726-1807)

 

LE FOUTA, PROTECTORAT MAURE ET MAROCAIN

            Au XVIIIe siècle, à la suite de querelles dynastiques, les saltigi (souverains du Fouta) tombèrent sous l’emprise des Maures et des Marocains (ces derniers appelés Ormans ou Salétins). Vers le milieu du siècle, l’anarchie était à son comble.

 

REVOLTE DE SOULEYMAN BAL (1770-1776)

            Un mouvement, non seulement de réforme religieuse contre l’Islam relâché et syncrétique des dirigeants, mais aussi d’opposition tant à l’emprise des Maures qu’à la traite de musulmans par les Français, naquit sous l’impulsion de Souleyman Bâl, marabout né à Bodé vers 1720. Entre 1770 et 1776, il luttera contre les Maures brakna et contre le saltigi Sule Njaay, auquel succède, à sa mort, Sule Bubu Gaïssiri.

            Une assemblée de notables torodo (lettrés musulmans) décréta la déchéance de la dynastie dénianké, et l’instauration d’un régime théocratique dirigé par des almamy élus. Souleyman Bâl, qui avait refusé l’almamyat, mourut en 1776, au cours d’un combat contre les Maures brakna.

 

ABDOUL KADER KANE, PREMIER ALMAMY (1776)

            Abdoul Kader Kane était natif de Pafa Warneu (Saloum), de parents foutankobé, vers 1726. Il enseignait à Appé (frontière du Boundou), lorsqu’il fut nommé almamy en 1776. Il établit sa résidence à Thilogne.

 

LUTTE CONTRE LES DENIANKOBE (1776-1786) ET JIHAD CONTRE LE BOURBA (1785)

            Abdoul Kader battit les Brakna, puis se tourna contre les Déniankobé, restés actifs dans l’Est du Fouta. Sule Bubu Gaïssiri, dernier des saltigi, vainquit à plusieurs reprises les forces des réformés, mais mourut accidentellement. La résistance se poursuivant, Abdoul Kader leur accorda finalement des territoires dans le Haut-Fouta, où ils purent mener une vie autonome.

            En 1785 semble-t-il, l’almamy se tourna contre le bourba djolof Mbaba Kumba Kumpas. Il le battit et l’obligea à se convertir.

 

LUTTE CONTRE LES MAURES TRARZA (1786)

            Ali Koury, émir du Trarza, fut vaincu et tué, en 1786, près de Dagana, par une coalition des Brakna et des forces de l’almamy. Les habitants n’eurent plus à payer aux Maures le mudo orma (impôt en mil).

JIHAD CONTRE LE WALO ET LE KAYOR (1786-1796)

            L’almamy somma le brak (Fara Penda) et le damel (Biram Fatim Penda) de pratiquer l’Islam, ce qu’ils acceptèrent. Amari Ngoné Ndella, devenu damel en 1790, eut à faire face à une révolte des milieux maraboutiques. Il refusa les sommations d’Abdoul Kader, qui marcha contre lui. Le réformateur fut battu à Bounkhoye en 1796, et fait prisonnier. Amari Ngoné le relâcha par la suite, et il rentra au Fouta.

 

RAPPORTS AVEC SAINT-LOUIS (1779-1806)

            Les rapports commerciaux entre Saint-Louis et l’almamy passèrent par des périodes critiques, dues à des divergences de point de vue sur le payement des coutumes et des droits. Des raids sanglants (1804-1806) furent menés par les Français contre les habitants du Fouta occidental. Plusieurs traités n’apportèrent que peu d’améliorations.

 

DECLIN ET MORT (1796-1807)

            Amené à intervenir, pour des motifs religieux, dans les affaires du Boundou et du Khasso, Abdoul Kader s’attira l’hostilité des chefs de ces Etats. A l’intérieur, l’hostilité grandissait contre lui, à cause de la longueur de son almamyat, de son extrême rigorisme religieux, de sa captivité au Kayor, du peu de succès de sa politique extérieure. Déposé en 1806, il mourut l’année suivante, au combat du Gouriki, tué d’un coup de pistolet tiré par Hamadi Aïssata, almamy du Boundou, et qu’il reçut avec une "complète impassibilité".

 

SON ŒUVRE

            Il compléta la libération du Fouta amorcée par Souleyman Bâl, organisa l’Etat théocratique (nomination d’imam et qadi, construction de mosquées), procéda à une redistribution des terres en faveur des réfugiés et de sympathisants, interdit la vente aux Français de Foutankobé musulmans libres.

EL HADJI OMAR SAIDOU TALL (1794-1864)

 

PREMIERES ANNEES (1794-1826)

            Omar Saïdou Tall est né vers 1794 à Halwar (Ouest de Podor), d’un père marabout torodo. Il eut comme maîtres un marabout peul du Fouta-Djallon, où il séjourna et qui lui conféra l’ouerd tidjane, et un Maure Ida-ou-Ali. Il aurait également séjourné à Pire, au Kayor.

 

PELERINAGE A LA MECQUE (1826-1859)

            Parti en pèlerinage vers 1826, Omar Tall se rendra à trois reprises à la Mecque. Il aurait séjourné en Palestine et en Syrie; il alla en Egypte. Mohamed-al-Ghâli, khalife tidjane pour le Hedjaz, lui conféra le titre de khalife tidjane pour le Soudan occidental.

            Sur le chemin du retour, il restera plusieurs années à Sokoto, auprès de Mohamed Bello.

 

SEJOUR A DIEGOUNKOU (1840-1845)

            Arrivé au Fouta-Djallon vers 1840, El Hadj Omar se fait concéder le village de Diégounkou par l’almamy Omar. Il s’y livre à la prédication et y attire des talibés.

 

PREMIER RETOUR AU FOUTA TORO (1846-1847)

            Au début de 1846, El Hadj Omar se rend au Fouta-Toro par la route de l’Ouest. Au cours de son séjour, il attire à lui plusieurs de ses futurs lieutenants. Il eut quelques entretiens avec des personnalités françaises, et regagna Diégounkou par le Boundou.

 

SEJOUR A DINGUIRAYE (1849-1854)

            El Hadj Omar quitte Diégounkou pour Dinguiraye, situé plus à l’Est, dans le Dialonkadougou. Etant entré en conflit avec le souverain local, Yima Sakho, il s’empare de Tamba, la capitale, vers 1852, puis de Goudjé, capitale de l’Etat voisin, le Ménien. Il a désormais accès aux mines d’or du Bouré et à la vallée du Bafing.

 

DEBUT DU JIHAD (1854-1856)

            En mai 1854, Cheikh Omar quitte définitivement Dinguiraye et remonte le Bambouk vers le Nord, à travers des populations malinké animistes. Les hommes rebelles à la conversion sont tués, et les femmes emmenées comme esclaves. Arrivé au Khasso, il obtient la conversion - temporaire - du souverain, Dyouka Sambala.

            Loin de ses fournisseurs habituels de Sierra Leone, El Hadj Omar envoie un message au gouverneur, afin de pouvoir acheter des armes aux traitants du Haut-Fleuve (juillet 1864). Les autorités françaises ayant interdit la vente, le Cheikh s’empare des stocks détenus par ces derniers. Il se justifiera de ces saisies dans une lettre ouverte aux habitants de Saint-Louis.

            Au cours des années 1855 et 1856, El Hadj Omar s’efforce d’établir son autorité sur les populations animistes (Bambara et Diawara) du Khasso et des régions voisines. Il entrera à Nioro le 11 avril 1855. Pendant ce temps; les Français construisent un fort à Podor (1854), et un autre à Médine (1855). Ils concluent en outre une série de traités (appuyés par des opérations punitives) avec les Etats du Haut-Fleuve.

 

SIEGE DE MEDINE (1857)

            Contre de désir d’El Hadji Omar semble-t-il, les forces du Cheikh attaquent le fort de Médine (défendu par 64 hommes, commandés par Paul Holle) et le tata voisin (où s’est enfermé Dyouka Sambala). Le siège dura 97 jours, les assiégés étant délivrés par Faidherbe, le 18 juillet.

 

SECOND SEJOUR AU FOUTA TORO (1858-1859)

            En février 1858, Mamadou Biram, almamy du Fouta, barre le fleuve par une digue, à Garli (amont de Matam), afin d’interdire le passage aux bâtiments français. L’ouvrage sera emporté par les premières crues.

            En juin 1858, Cheikh Omar part pour le Fouta-Toro, dont il reviendra en février 1859. Il prêche l’immigration générale (hommes, femmes, enfants, troupeaux). On estime à environ 50 000, le cinquième de la population du Fouta, le nombre total des départs. L’exode rencontre cependant des oppositions, surtout parmi les notables torodo.

            Lors du retour, les forces d’El Hadj Omar se heurteront sans succès aux Français, à la tour de Matam (défendue par Paul Holle) et à Aroundou (avril et mai 1859).

 

TRAITE DE 1860

            En août 1860, un projet d’accord, rédigé par Faidherbe, est accepté par Thierno Moussa, lieutenant du Cheikh. Il ne sera pas ratifié, mais la limite entre les zones d’influence des signataires sera respectée pendant près de trente ans.

 

 

 

 

MARCHE VERS L’EST ET MORT (1859-1864)

            El Hadj Omar se tournera contre Ali Diara, le souverain bambara de Ségou. Récemment converti, celui-ci n’avait pas détruit les statues des divinités tutélaires, ce qui permettra au Cheikh de considérer cette conversion comme nulle. Il entrera à Ségou le 9 mars 1861. Le Cheikh se heurtera ensuite à Mamadou III, souverain des Peul musulmans du Macina, considérés par lui comme des musulmans "hypocrites". Il entrera à Hamdallahi le 16 mai 1862. Tombouctou sera pillée, mais la colonne toucouleur sera défaite à son retour (mai 1863). Assiégé dans Hamdallahi pendant huit mois, Omar Tall parviendra à s’échapper, mais sera tué dans une grotte de la falaise de Bandiagara, en février 1864, à l’âge de 70 ans.

 

MABA DIAKHOU BA (1809-1867)

 

PREMIERES ANNEES (1809-1860)

            Amath Bâ, plus connu sous le nom de Maba Diakhou, est né dans le Rip vers 1809. Son père était un marabout toucouleur dénianké. Maba fit ses études au Kayor, et enseigna ensuite au Djolof, pays natal de sa mère. En 1846 probablement, il aurait rencontré El Hadj Omar à Kabakoto. Celui-ci l’aurait nommé responsable tidjane de la région.

 

JIHAD AU RIP (1861-1862)

            En 1861, une expédition punitive anglaise épargne sur sa demande, le village de Maba, lequel aide en contrepartie à la conclusion d’un traité de paix. Diéréba Marone, roi animiste du Rip, le considérant comme un traître, veut le faire assassiner par son fils, Math Diaker. Mais c’est ce dernier, de même que son père, qui perdent la vie. Les milieux maraboutiques contrôlent bientôt tout le pays, dont Maba est nommé almamy.

 

JIHAD AU SALOUM (1862-1864)

            Macodou Codou Coumba Fall, damel déposé, se réfugie auprès de Maba. Ce dernier l’aidera par deux fois (juillet et septembre 1862) à battre son fils, le bour Saloum, Samba Laobé. Le marabout ne parviendra cependant pas à s’emparer de la tour de Kaolack, défendue par le sergent Burg et douze hommes, dans laquelle s’est réfugié Samba Laobé (2 octobre 1862).

            Au cours de l’année 1863, les forces de Maba contrôlent une partie du royaume du Saloum. Les villages des réfractaires à l’Islam sont brûlés, et leurs occupants tués ou emmenés en esclavage. Cette même année, Maba doit faire face à une contre attaque des anciens chefs animistes mandingues du Rip, soutenus par le Ouli et le Kiang. A côté de succès, il subit une lourde défaite à Kwinella (rive Sud de la Gambie).

            En mai 1864, Lat Dior, battu par les forces françaises à Loro (12 janvier 1864) se réfugie, avec Alboury, sa famille et ses guerriers, auprès de Maba, lequel y met comme condition la pratique de l’Islam. En octobre 1864, les autorités françaises reconnaissent Maba comme almamy du Rip et du Saloum.

 

JIHAD AU DJOLOF (1865)

            Envoyé par Maba contre le Djolof au printemps 1865, Lat Dior pille le Baol oriental, mais est arrêté dans sa progression par le bourba Bakantam Khory. Venu à son secours, Maba bat le bourba à trois reprises et entre à Warkhokh, la capitale (juillet 1865). Le marabout recherche l’alliance des Maures trarza et des Foutankobé, mais une rébellion de certains musulmans du Rip l’oblige à quitter le Djolof en octobre 1865, après avoir brûlé plusieurs villages animistes (dont Warkhokh semble-t-il), et en avoir envoyé les habitants dans le Rip comme esclaves. Plusieurs musulmans le suivent lors de son départ.

 

ATTAQUE FRANÇAISE CONTRE LE RIP (1865)

            En fin 1865, une forte colonne, commandée par le gouverneur Pinet-Laprade, marche contre le Rip. Une partie de cette colonne tombe dans une embuscade tendue par Lat Dior à Paoskoto (ou Pathé Badial) le 30 novembre 1865. Les Français entreront à Nioro, et incendieront plus de trente villages, mais se retireront dès le 2 décembre.

 

JIHAD AU SINE ET MORT (1866-1867)

            En 1866, Lat Dior entre au Baol, brûle des villages, emmène des prisonniers comme esclaves. En compagnie d’Abdou Bâ, frère de Maba, il attaque par surprise (en infraction des règles de la jihad) Koumba Ndoffène Diouf, souverain du Sine, brûle Diakhao la capitale, ravageant des villages, faisant de nombreux prisonniers. Ayant rejoint l’armée, Maba témoigne de son mécontentement, et rentre au Rip en début 1867.

            En avril 1867, Maba reparait dans le Sine. Campé à Kaolack, le capitaine le Creurer se porte à sa rencontre, mais est battu à Thiofack et y perd la vie (20 avril 1867). Après s’être heurté sans succès au bour Sine à Marout, Maba rentre au Rip.

            En juillet 1867, le marabout fait une nouvelle tentative contre le Sine. A l’issue du combat de Somb (18 juillet 1867), Maba est trouvé mort sur son tapis de prière. Son corps est dépecé, et les fragments dispersés. Présent au début de l’engagement, Lat Dior et les siens font défection en plein combat et regagnent le Rip.

 

 

 

  

FODE KABA DOUMBOUYA (1818-1901)

 

PREMIERES ANNEES

            Fodé Kaba Doumbouya, fils d’un marabout appelé Fodé Bakary, naquit à Goumbel (Sud-Boundou) vers 1818. Ses années de jeunesse sont mal connues. Il aurait séjourné dans le Rip, et resta quelque temps prisonnier dans le Ouli. Il accompagna ensuite son père et les siens, qui se fixèrent à Kéréwane (frontière de l’actuelle Gambie).

 

LUTTE CONTRE LES CHEFS DU JIMARA, DU OULI, DU FIRDOU

            A la suite d’un différend relatif aux impôts, Fodé Kaba attaque Silati-Kéléfa, chef malinké animiste du Jimara, dont dépend Kéréwane. Il le tue, ainsi que son conseiller, un marabout peul du Fouta-Djallon. Il se tourne ensuite contre le Ouli, dont le mansa est tué, et des villages incendiés. Alors qu’il se trouvait dans le Rip, Alfa Molo (chef peul musulman du Firdou), incité par les Almamy du Fouta-Djallon, brûle Kéréwane et tue Fodé Bakary (1870-1871). A son retour, Fodé Kaba tue les émissaires d’Alfa Molo, et méne contre ce dernier des hostilités aux péripéties incertaines (1875-1876), qui se poursuivront jusqu’à sa mort.

            Fodé Kaba se heurte à l’animosité de Fodé Maja, important marabout du Yasin, lequel meurt accidentellement. Par contre, il assiste Sounkari, chef malinké du Buje qui lutte contre les Balantes animistes. Mais il se retire sur la mise en garde du chef de poste de Sédhiou (1876). Avec l’aide de forces du Rip, il se tourne contre les musulmans toucouleurs de l’enclave du Kabada, mais est battu par Moussa Molo (1877).

 

JIHAD CONTRE LE KIANG ET LE FOGNY 51878-1901)

            Pendant plus de vingt ans, Fodé Kaba va lutter contre les Diola animistes du Fogny. Il les razziera, détruira leurs villages, vendra les habitants comme esclaves. Il est ravitaillé en armes par les traitants anglais et français de Gambie. Il a fait construire un tata à Médina, sur l’ex-village diola de Bapikum dont il a fait tuer le chef musulman. Les campagnes de prosélytisme étaient entrecoupées de heurts contre les forces de Moussa Molo. Un autre tata fut édifié à Dator, dans le Kiang.

            Des Partisans de Fodé Kaba ayant blessé des membres de la commission anglo-française de délimitation de la frontière, Kansala est bombardé par les Anglais. Ceux-ci refusent de reconnaître l’autorité du marabout sur le territoire anglais et lui interdisent d’y séjourner. Fodé Kaba n’en tient pas compte, mais son tata de Marige est attaqué et détruit (2 janvier 1892). Fodé Kaba parvient à s’échapper. Les chefs locaux font leur soumission aux Anglais (mai 1892), à l’exception de Souleyman Santou, chef de Toniataba et partisan du marabout. Cette localité est prise d’assaut, et Souleyman tué (mai 1892). En dépit de l’éviction du marabout hors du territoire anglais, ses partisans y poursuivent un trafic d’esclaves en kidnappant des habitants (le plus souvent des femmes), et en allant les revendre dans le Rip.

            Le 26 mars 1891, le capitaine Forichon accorde la protection de la France à Fodé Kaba. Deux ans plus tard (mars 1893), celui-ci demande l’aide de forces françaises contre le Fogny. Une petite colonne, commandée par le capitaine Grand, se joint aux guerriers de Fodé. Plusieurs villages sont incendiés, mais celui de Sinedian résiste (4 au 14 avril 1893). Le 7 mai 1893, une nouvelle convention est établie. Fodé renonce au Fogny (contre versement d’une indemnité annuelle), et son autorité se réduit au Kiang casamançais.

 

LUTTE CONTRE LES FRANCO-ANGLAIS ET MORT (1900-1901)

            En juin 1900, deux commissaires itinérants anglais, F.C. Sitwell et F.E. Silva, ayant manqué de sang‑froid au cours d’une tentative de conciliation dans une querelle entre deux villages, sont tués, ainsi qu’une partie de leur escorte, par les habitants de Sankandi, partisans de Fodé Kaba. Les Anglais détruisent cette localité, avec l’aide des guerriers de Moussa Molo (11 janvier 1901).

            Du côté français, le capitaine Seguin se rend chez Fodé Kaba à Médina, mais ne peut obtenir la livraison des responsables de la tuerie de Sankandi. Une expédition mixte anglo-française est alors montée. La colonne française du colonel Rouvel s’empare du tata de Médina (22 mars 1901). Le corps de Fodé Kaba n’est pas retrouvé. Le lendemain, les forces de Moussa Molo arrivent, et poursuivent les fuyards. La colonne volante du capitaine Forestier détruira les deux autres centres de résistance du marabout défunt : Néma et Dator (29 et 30 mars 1901).

 

AMADOU CHEIKHOU BA (1830-1875)

 

PREMIERES ANNEES (1830-1868)

            Amadou Cheikhou Bâ est né vers 1830. Son père, Hamme Bâ, pratiquant un Tidjanisme très strict, s’était proclamé le Mahdi et, en 1828, avait tué dans la mosquée, le jour de la Tabaski, son propre son fils. Par la suite, il avait fondé Ouro-Madiou, près de Podor, où était né Amadou. Au décès d’Hamme Bâ en 1862, son fils Amadou lui succéda à la tête de cette localité.

            En 1868, le choléra et la famine ravagèrent le Fouta et les Etats wolof. La renommée d’Amadou Cheikhou, qui voyait dans ces calamités un effet de la colère divine, s’accrut. De son côté, son frère, Ibra Penda Bouya, qui habitait à Coki, dans le Kayor, s’employait à multiplier, dans la province du Ndiambour, le nombre des Madiyankobé.

 

JIHAD AU KAYOR (1869-1870)

            Le sérigne Coki, qui quant à lui était d’obédience qadriya, se disputa avec Ibra Penda, son beau frère, et le chassa du pays. Celui-ci se rendit à Ouro-Madiou, pour en revenir avec Amadou Cheikhou et des partisans. Coki fut razzié (26 juin 1869).

            Alliés à Lat Dior, les réformés infligent des pertes, à Mékhé, à un escadron de spahis (8 juillet 1869). Mais des discussions éclatent avec Lat Dior quant au partage du butin, et les Madiyankobé regagnent le Fouta. Ils y trouvent Ouro Madiou brûlé par une petite colonne française assistée par les forces du Lam-Toro (28 juin 1869). Peu après (29 septembre 1869), les Madiyankobé infligent, à Pétogne, une défaite aux Volontaires du Walo, commandés par Sidia Léon Diop, chef du canton de Nder, alliés aux Toucouleurs du Lam-Toro.

            En revanche, Amadou Cheikhou ne parviendra pas à s’emparer de Guédé, défendu par le Lam-Toro (7 novembre 1869). Il subira également, en février 1870, plusieurs revers au cours d’affrontements avec la colonne commandée par le lieutenant-colonel Treve. Après s’être retiré au Fouta central, le marabout va se tourner vers le Djolof.

 

JIHAD AU DJOLOF (1870-1874)

            Assiégé dans son tata de Yang-Yang par les Madiyankobé, assistés de guerriers du Rip, le bourba Bakantan Khary finit par se convertir (août 1870). Amadou Cheikhou lui laissa son titre jusqu’à sa mort (fin 1871), se bornant lui même à détenir le pouvoir effectif.

            Jusqu’en 1874, le Djolof va rester le centre opérationnel du marabout. Un premier prétendant, Toubé Sanor, allié au Lam-Toro, sera battu par Amadou, assisté de forces du Rip, du Ndiambour et de chefs toucouleurs, à Aniam-Touguel (14 août 1871).

            Ultérieurement, Toubé Sanor fera sa soumission, et le marabout le fera reconnaître comme bourba (mars 1873). Un autre prétendant, Alboury Ndiaye, se bornera à des razzias sans jamais l’inquiéter sérieusement.

 

RETOUR AU KAYOR ET MORT (1874-1875)

            A la suite d’un pillage, Amadou Cheikhou détruira le village de Pété au Fouta (4 octobre 1873), se mettant à dos ses anciens alliés toucouleurs, mais se rapprochant d’Abdoul Bokar kane, chef du Bosséa. En compagnie de guerriers de ce dernier, Amadou pénètre au Kayor et à quatre reprises, inflige des revers aux forces de Lat Dior (juillet 1874 à janvier 1875). Ce dernier est obligé de se réfugier dans la banlieue de Saint-Louis auprès du gouverneur. Une colonne française, commandée par le lieutenant-colonel Bégin, à laquelle s’est joint Lat Dior et ses hommes, bat le marabout à Boumdou (ou Samba-Sadio), le 11 février 1875. Lat Dior et ses tiédos se lancent à la poursuite des fuyards. Amadou Cheikhou est tué à Diaye-Diordé, sur la route du Djolof, et sa tête est envoyée à Bégin. Avec l’approbation de Madiakhaté Kala, son conseiller, Lat Dior avait vendu comme esclaves les prisonniers madiyankobé et s’était emparé des biens des fugitifs. Amadou Bamba condamnera ces procédés (il s’agissait de musulmans), considérant Lat Dior et son entourage comme des excréments.

 

 

 

 

MAMADOU LAMINE DRAME (1835-1887)

 

JEUNESSE, PELERINAGE A LA MECQUE (1835-1885)

            Mamadou Lamine Dramé, Soninké né vers 1835 à Goundiourou, près de Kayes, d’un père marabout. Il participa dans sa jeunesse à une expédition contre les animistes de Gamou, capitale du Tenda (Haute-Gambie). Il y resta prisonnier plusieurs années, et fut fouetté à coup de cordes, humiliation qu’il n’oublia pas.

            Il séjourna ensuite au Fouta, avant de se rendre à la Mecque, restant une dizaine d’années au Moyen-Orient. A son retour, Amadou, le fils d’El Hadji Omar, l’assigna à résidence sept ans durant (1878-1885). Il sera libéré par Madani, fils du sultan, pendant une absence de celui-ci.

 

COMBATS AU BOUNDOU, ATTAQUE DE BAKEL (1885-1886)

            Mamadou Lamine rentra au pays en juillet 1885, informant les autorités françaises des sentiments d’amitié qu’il leur portait, mais se livrant simultanément à des tournées de prédication qui lui attirèrent de nombreux adeptes. Il proclama le jihad contre le Tenda et Omar Penda, l’almamy du Boundou, lui ayant refusé le passage, il s’empara des principales localités du pays, y compris la capitale, Boulébané (février 1886). La deuxième compagnie de Tirailleurs sénégalais, sous les ordres du capitaine Ferrat, s’empara alors des femmes, des enfants, des esclaves et des biens du marabout à Goundiourou (14 mars 1886).

            Le marabout renonce à la conquête du Tenda et concentre ses forces dans la région de Bakel. Il tend une embuscade à la 1ère  compagnie de Tirailleurs, lui tuant dix hommes, s’emparant d’un canon et de marchandises. Entre le 1er et le 4 avril 1886, ses forces, estimées à 12000 hommes attaquent Bakel défendu par 141 hommes, assistés d’un millier de volontaires (Wolof et traitants). En dépit de violents combats de rues, Mamadou Lamine ne peut s’emparer de la place. Il se retire devant l’arrivée à Kayes, revenant de Bamako, du lieutenant-colonel Frey.

            Après avoir eu le dessous à Tambokané et à Kidira, Mamadou Lamine gagne la Haute Gambie. Les colonnes Frey et Combes se livrent à de dures représailles sur les habitants du Haut-fleuve, incendiant une centaine de villages entre le 10 avril et le 24 mai 1886. Des contingents toucouleurs et maures appuient les forces de répression.

            Avant de quitter pour toujours le haut-fleuve, Mamadou Lamine avait laissé à son jeune fils, Souayibou, le soin de poursuivre les opérations. Assiégé pendant cinq mois dans son tata de Gori par les Toucouleurs d’Amadou, il dut quitter celui-ci en avril 1887. Il fut capturé par les hommes du lieutenant Reichemberg, traduit en cour martiale et fusillé par les Tirailleurs. Il mourut à 18 ans, en faisant preuve d’une grande dignité.

 

SEJOUR A DIANA (1886-1887)

            Mamadou Lamine se retranche à Diana, capitale du Diakha, en Haute-Gambie. Il ne lui faut que très peu de temps pour réorganiser un véritable Etat, d’où il correspond avec Samory, Aguibou (frère d’Amadou), Saer Maty (fils de Maba Diakhou).

            Entre juillet et octobre, il remonte vers le Nord, envahissant le Boundou, dont l’Almamy Omar Penda est tué (16 juillet 1886). Deux colonnes françaises, sous les directions respectives du lieutenant-colonel Gallieni et du chef de bataillon Vallière, se rejoignent à Diana (25 décembre 1886), que Mamadou Lamine avait quitté la veille.

 

SEJOUR A TOUBAKOUTA ET MORT (1887)

            S’étant établi à Toubakouta (Niani), Mamadou Lamine parvient, avec son habituel dynamisme, à reconstituer ses forces. Il monte une expédition contre le Ouli, dont le souverain s’est rallié aux Français. La capitale, Nétéboulou, est occupée et la famille royale est mise à mort (juillet 1887).

            Le capitaine Fortin, en garnison à Bani, rassemble une colonne, dite de Gambie. Il marche sur Toubakouta, dont il s’empare le 8 décembre. Mamadou Lamine avait fui avant le combat. Moussa Molo, souverain du Fouladougou et allié des Français, se lance à sa poursuite, et le rejoint à Ngogo-Soukota. Mamadou est blessé à la cuisse et transporté vers le campement français. Il meurt en chemin (12 décembre 1887). Son corps de décomposant est jeté dans la brousse, après que le griot de Moussa Molo en ait tranché la tête qu’il ramena au Français.

 

LAT DIOR NGONE LATIR DIOP (1842-1886)

            Lat Dior est né vers 1842 à Keur Amadou Yalla, dans le Guet, province orientale du Kayor dirigée par son père. Il sera le premier damel de patrilinéage Diop. Il aurait fréquenté l’école coranique à Longor et, à l’âge de treize ans, fut nommé beur (chef) Guet.

LAT DIOR, DAMEL TRADITIONNEL (1862-1863)

            En janvier 1862, le beur Guet Lat Dior bat le damel Madiodio Deguem Kodou à Coki. Le vaincu est néanmoins rétabli dans ses fonctions par une colonne commandée par le gouverneur Jauréguiberry, mais les Grands Electeurs du Kayor choisissent Lat Dior comme damel en juillet 1862. Un peu plus tard, Faidherbe revient au Sénégal et rétablit Madiodio. Entré en dissidence, Lat Dior anéantit à Ngolgol la majeure partie du détachement du capitaine Lorans (30 décembre 1863). Peu après cependant, le 12 janvier 1864, Pinet-Laprade bat Lat Dior à Loro. Le Kayor est alors divisé par les autorités françaises en sept cantons, et la fonction de damel supprimée.

 

LAT DIOR CHEZ MABA DIAKHOU (1864-1869)

            Lat Dior, ses proches (dont Alboury) et ses partisans sont accueillis par Maba Diakhou, l’almamy du Rip, à condition de pratiquer l’Islam. Lat Dior assistera militairement le marabout, notamment au Djolof (1865) et à Paoskoto où il tendra une embuscade à la colonne commandée par Pinet-Laprade (30 novembre 1865). Maba sera battu et tué par les forces du bour Sine à Somb (18 juillet 1867). Lat Dior et ses guerriers l’avaient abandonné en plein combat.

 

LAT DIOR BEUR ALLIE D’AMADOU CHEIKHOU (1869)

            En mars 1869, Lat Dior finit par accepter les conditions du gouverneur exigeant qu’il ne rentre au Kayor qu’en qualité de beur Guet. Quelques mois plus tard, il s’allie au marabout Amadou Cheikhou, et défait un escadron de spahis commandés par le capitaine Canard, près de Mekhé (juillet 1869). Deux mois plus tard, il tend une embuscade à une reconnaissance commandée par le capitaine Bois, mais la colonne le Camus occupe Louga le lendemain, refoulant Lat Dior (16 septembre 1869). A la fin de la même année, celui-ci subit un nouvel échec à Salen (près de Mékhé), contre la colonne du capitaine Canard (17 décembre 1869).

 

LAT DIOR DAMEL (1871-1882)

            Reconnu comme damel par le gouverneur Valière en janvier 1871, Lat Dior occupera ce poste pendant douze ans. Il affirmera à maintes reprises son attachement à la cause française, et ira jusqu’à livrer aux Français son cousin Sidia Diop, ancien chef du Walo.

 

            Au cours de cette période, Lat Dior s’efforcera d’être reconnu comme teigne du Baol. Il battra à diverses reprises, en 1871, le teigne nouvellement nommé, Tié Yasin Dior, mais l’entrée au Kayor des forces d’Amadou Cheikhou, l’empêchera de profiter de ses succès. Entre 1875 et 1877, Lat Dior effectuera encore diverses tentatives contre le Baol, mais Tié Yasin parviendra à se maintenir.

            En 1874, le marabout Amadou Cheikhou, devenu chef du Djolof, avait pénétré au Kayor. Entre juillet 1874 et janvier 1875, il infligera, à quatre reprises, des revers aux forces de Lat Dior. Ce dernier finira par se réfugier auprès du gouverneur, pour se joindre ensuite à la colonne du lieutenant-colonel Bégin, lequel bat Amadou à Boumdou (ou Samba Sadio), le 11 février 1875. Lat Dior et les siens se lancent à la poursuite des fuyards, et le marabout est tué à Diaye Diordé. Avec l’approbation du cadi Madiakhaté Kala, Lat Dior vend les prisonniers comme esclaves et s’empare du butin. Il en sera durement réprimandé par Amadou Bamba, car il s’agissait de musulmans.

 

DISSIDENCE ET MORT (1882-1886)

            En septembre 1879, Lat Dior accepte la proposition du gouverneur Brière de Lisle relative à la construction d’une ligne de chemin de fer reliant Saint-Louis à Dakar. Toutefois, il se ravise dès 1881, et adopte une position de plus en plus intransigeante. La colonne Wendling pénétre au Kayor, et le colonel nomme comme damel Amary Ngoné Fall II (16 janvier 1883). Poursuivi par le commandant Dodds, Samba Laobé Fall, neveu de Lat Dior et son allié, est contraint, en mai 1883, de faire sa soumission. Lat Dior s’est réfugié au Djolof auprès d’Alboury (juin 1883). Les deux hommes razzient Boudi (Walo) en juillet, puis pénétrent au Kayor, dans le but de renverser Amary Ngoné. Mais Samba Laobé Penda (cousin d’Alboury) fait défection et gagne le Walo, tandis que Samba Laobé Fall conseille à Lat Dior et Alboury de regagner le Djolof.

            Amary Ngoné Fall II abdique, et Samba Laobé Fall est reconnu damel par les Grands Electeurs (août 1883). La voie ferrée est achevée le 12 mai 1885. Samba Laobé Fall attaque Alboury à Guilé (ou Mbeulacké), mais est battu (6 juin 1886). Il est tué près de Tivaouane par les spahis du capitaine Spitzer (6 octobre 1886).

            Lat Dior (4 octobre 1886) félicite le gouverneur de la mort de Samba Laobé et l’informe que,s’il est renommé damel, il ne changera rien à l’ordre existant (c’est à dire, au chemin de fer). Mais le 24 octobre 1886, une proclamation des autorités françaises annonce que Lat Dior est désormais indésirable au Kayor, et que cet Etat devient une confédération de six provinces présidée par Demba War Sall chef des captifs de la couronne. Depuis 1879, une tension s’était manifestée entre Lat Dior et les principaux chefs du pays, lesquels lui reprochaient ses exactions à l’égard de ses sujets, le dépeuplement du pays que provoquaient ses pillages, et l’état de continuelles hostilités qu’il entretenait.

            Lat Dior sera tué au combat de Dekhlé par les spahis du capitaine Valois, le 27 octobre 1886. Son corps fut découvert parmi les broussailles par le spahi Socé Sow, qui le perça de son sabre pour s’assurer de sa mort. Socé Sow, ses parents et sa famille avaient autrefois été chassés du Kayor par Lat Dior sous l’inculpation de sorcellerie.

 

ALBOURY SEYNABOU NDIAYE (1874-1901)

 

PREMIERES ANNEES (1847-1875)

            Alboury Ndiaye est né à Tyal au Djolof vers 1847. Son père mourut au combat, alors qu’il était encore très jeune. Sa mère, Seynabou Diop, se réfugia dans sa famille, au Ndiambour (Kayor), avec son fils. Il séjourna à la cour du damel Biram Ngoné Latir, fréquenta l’école coranique, eut pour compagnon son cousin Lat Dior.

            Alboury accompagna Lat Dior lorsque celui-ci se réfugia auprès de Maba, almamy du Rip. Il regagna le Kayor avec son cousin quatre ans plus tard, ayant participé dans l’entre‑temps à divers combats.

            Entre 1870 et 1875, Alboury se livrera à la guérilla et à des razzias contre le Djolof, dont s’était emparé le marabout Amadou Cheikhou Bâ. D’autre part, il assistera Lat Dior dans la tentative de ce damel contre le Baol.

 

CHEF DU DJOLOF PREMIERES ANNEES (1875-1881)

            Amadou Cheikhou ayant été tué après sa défaite à Boumdou ou Samba Sadio (11 février 1875), Alboury refoule du Djolof les partisans du marabout défunt, et s’empare du pouvoir. Il n’est alors âgé que de 28 ans, aussi attribue-t-il le titre de bourba à son oncle Birayamb Khudia. Il repoussera, en septembre 1875, une tentative de Bara Bâ (frère d’Amadou) contre Yang-Yang. En janvier 1881, le même Bara Bâ, allié à Biram Ndiémé Coumba (prétendant au trône), fait une nouvelle tentative. Assisté par Lat Dior, Alboury bat ses adversaires. Biram est tué, et un de ses bras envoyé au gouverneur ; Bara perd également la vie.

 

DIFFICULTES AVEC LES FRANÇAIS DEPART EN EXIL (1881-1890)

            Lat Dior s’étant opposé, en 1881, au projet d’un chemin de fer reliant Saint-Louis à Dakar, est destitué par les autorités françaises. En juin 1883, Alboury accueille Lat Dior et quelques cavaliers à Yang-Yang. Le mois suivant, les deux hommes razzient Boudi (dans la colonie du Walo). En début août, ils pénètrent cette fois au Kayor, dans le but de renverser Amadi Ngoné Fall, le damel reconnu par les Français. Toutefois Samba Laobé Penda, cousin et compagnon d’Alboury, se sépare de lui et gagne le Walo. Il entraîne dans sa défection le bourba Birayamb et une partie des guerriers d’Alboury. En outre, Samba Laobé Fall, neveu de Lat Dior, non seulement refuse de se joindre aux forces de son oncle, mais lui conseille de se retirer. Alboury et Lat Dior regagnent le Djolof dès le 11 août 1883.

            Les autorités françaises ne reconnaissent plus Alboury comme chef du Djolof, et rompent leurs relations commerciales avec lui. ALboury remplace le bourba par un autre de ses oncles, Birayamb Kewe. La famine règne au Djolof. Alboury fait des ouvertures du côté de Saint-Louis et signe le traité du 18 avril 1885. Celui-ci ne sera pas entériné à Paris, mais il permettra à Alboury de reprendre les relations commerciales avec Saint-Louis.

            Probablement pour mettre Samba Laobé Penda sur le trône du Djolof (avec l’approbation tacite des Français), le damel Samba Laobé Fall marche contre Alboury. Celui-ci le bat à Guilé (ou Mbeulacké), le 6 juin 1886. Le gouverneur obtient du damel le versement d’une indemnité à Alboury. Samba Laobé Fall mourra la même année, de même que Lat Dior, tous deux au cours d’affrontements avec les forces françaises.

            Alboury conclut avec la France, le 1er juillet 1889, un traité confirmant celui passé quatre ans plus tôt. La défiance des autorités françaises à son égard reste cependant entière, surtout depuis qu’Alboury s’est rapproché d’Amadou, le sultan de Ségou dont un frère, Murtada, vient lui rendre visite en 1888. Un incident mineur déclenche l’ouverture de mesures militaires. Une colonne commandée par le colonel Dodds occupe Yang-Yang, qu’Alboury a quitté le matin, le 24 mai 1890.

EXIL ET MORT (1890-1901)

            Ayant rejoint Amadou, Alboury jouera un rôle important dans la défense de Nioro, dont les forces françaises s’empareront le 1er janvier 1891. Au cours d’un convoyage de réfugiés rentrant au Fouta, le fils d’Alboury sera capturé. Profondément affecté, celui-ci songera un moment à faire sa soumission, comme l’y engageait le commandant de Kaédi. Finalement, il rejoindra Amadou en juillet 1891. Ce dernier mourra à Sokoto en 1898. Alboury sera tué d’une flèche empoisonnée, à Dogondoutchi (Niger) en 1901. Un affluent du Niger porte son nom, et les griots Haoussa le chantent encore.

 

LAMINE SENGHOR (1889-1927)

 

PREMIERES ANNEES (1889-1914)

            Lamine Senghor est né en 1889, dans une famille de cultivateurs musulmans. Certains le disent originaire de Joal, d’autres de Kaolack ou d’un petit village du Sine.

            Agé d’une douzaine d’années, il gagne Dakar, où il travaille chez Maurel et Prom. Il loge dans le quartier appelé "Parc à Fourrage", où il fait la connaissance de jeunes Lébous de son âge. Lorsque survient la Première Guerre Mondiale, ceux-ci sont mobilisés. Pour les suivre, Lamine Senghor obtient que son propriétaire témoigne qu’il est né chez lui. Il est incorporé à son tour.

 

COMBATTANT AU COURS DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE (1915-1920)

            De 1915 à 1919, Lamine sert en France, dans les rangs des Tirailleurs sénégalais. Blessé et gazé, devenu sergent, il est décoré de la Croix de guerre. Il est ensuite employé comme commis des postes (il a appris à lire et à écrire à l’armée) à Saint-Raphaël, où il épouse une Française, qui lui donnera deux enfants. En 1920, la commission de réforme à Dakar le déclare invalide à 100 %.

 

VIE POLITIQUE (1923-1927)

            Les autorités s’opposent au retour au Sénégal qu’il sollicite, pour y rétablir sa santé. Il suit des cours à la Sorbonne et, en 1923, rejoint les rangs du Parti Communiste Français. L’année suivante, il témoigne en faveur du rédacteur de Les Continents, attaqué en diffamation par le député Blaise Diagne. Ce périodique est l’organe de la Ligue Universelle de Défense de la Race Noire, fondée peu auparavant par le Dahoméen Tovalou Houénou. Ce dernier ayant été arrêté au Togo en 1925, l’organisation devient le Comité de Défense de la Race Nègre, dont Lamine Senghor est élu Président (1926). Plus radical que le précédent, ce groupement s’efforce d’attirer l’attention sur l’Afrique, alors que le Komintern mettait l’accent sur l’Asie. Tous ses membres sont opposés à la politique coloniale de Blaise Diagne. Son organe est le mensuel La Voix des Nègres.

            Au cours des années 1924-1925, Lamine Senghor avait par ailleurs créé une section des Anciens Combattants de l’Union Coloniale, contrôlée par le P.C.F. (1924). Il avait accepté, sur la demande du Parti, de présenter sa candidature aux élections municipales dans une circonscription bourgeoise de Paris, et avait néanmoins récolté un millier de Voix (1925). Il avait animé la campagne contre la guerre au Maroc, et l’envoi de tirailleurs sénégalais dans ce pays (1925). Il collaborait à la rédaction du Paria (périodique pro-communiste), félicitant par exemple les grévistes de Dakar-Saint-Louis, où travailleurs européens et africains avaient lutté au coude à coude.

            Désigné par le P.C.F pour le représenter au Congrès des Travailleurs Noirs de Chicago, il avait été invité par la Section coloniale du Parti, sous prétexte d’économies, à effectuer la traversée soit comme travailleur sur un navire, soit comme clandestin ! Outré, il avait présenté sa démission, mais le Bureau fédéral l’avait refusée et ordonné un examen par le Comité directeur (1925). Il avait également refusé d’organiser la candidature d’Abdou Diallo contre Blaise Diagne.

            A la suite de différences idéologiques avec le Secrétaire général du Comité de défense de la Race Nègre, Lamine Senghor, son second, Garan Kouyaté, et la majorité du Bureau quittent cet organisme (mars 1927). En mai est créée la Ligue de Défense de la Race Nègre, dont Lamine devient président du Bureau provisoire. Son organe est La Race Nègre, dont la plupart des exemplaires sont envoyés clandestinement en A.O.F. En novembre 1927, le mouvement compte déjà 800 adhérents au Sénégal. Lamine publie un pamphlet, Violation d’un pays, vendu au profit de la Ligue.

            La dernière importante manifestation à laquelle participera Lamine Senghor avant sa mort est la conférence inaugurale de la Ligue contre l’Impérialisme, qui se tint à Bruxelles en février 1927. Albert Einstein, Nehru, Soekarno, Ho Chi Minh, Maxime Gorki y assistaient. De l’avis de Nehru, le meilleur discours fut celui de Lamine. Il y prononçait entre autres le passage suivant : Camarades, les Nègres se sont longtemps endormis. Mais méfies-toi Europe ! Ceux qui ont longtemps dormi et se sont réveillés, ne se rendormiront plus. A l’issue de la Conférence, il est élu membre du Comité exécutif et du Bureau.

            Le mois suivant, Lamine Senghor est arrêté à Cannes, et emprisonné à Draguignan. Son état de santé, les protestations de la Ligue et de parlementaires anglais, allemands et belges, portent R. Poincaré à le faire relâcher.

            Lamine Senghor meurt de tuberculose à Fréjus, le 25 Novembre 1927.

 

ALINE SITOUE DIATTA (1920-1945)

 

PREMIERES ANNEES (1920-1941)

            Aline Sitoué naquit vers 1920 à Kabrousse, village diola proche de la frontière. Son père, Silosia Diatta, mourut alors qu’elle était encore très jeune. Il n’avait eu que des filles comme enfants, et le nom d’Aline Sitoué signifie, en fait, soeur de Sitoué, cette dernière étant une de ses aînées.

            Dès son jeune âge, Aline Sitoué fut mise en service à Ziguinchor, ville où elle donnera naissance à une fille. Elle gagnera ensuite Dakar, où une maladie la rendit infirme d’une jambe. Elle y eut sa première vision en 1941, et regagna ensuite son village natal.

 

RETOUR EN PAYS DIOLA (1941-1943)

            Lorsqu’Aline Sitoué rentra en pays diola, l’armistice de juin 1940 avait réduit le prestige de la France. Au Sénégal, les hostilités avaient suspendu les exportations d’arachides et l’importation de vivres (riz principalement). Les autorités françaises durent donc pratiquer des réquisitions pour nourrir la population. Pour la viande, et surtout le riz, celles-ci affectèrent en priorité la Basse-Casamance. Toutefois, les prix pratiqués étaient peu élevés, tandis que les réquisitions étaient fréquemment empreintes de favoritisme. En outre, elles amenuisaient les réserves en riz et en bétail amassées en vue des cérémonies traditionnelles.

            Une psychose de famine, une crainte de la sécheresse et une nostalgie des temps anciens se développèrent bientôt en Casamance. En juillet 1942, des rumeurs alertèrent les autorités : une prophétesse attirait à Kabrousse les populations tant des environs qu’éloignées. Se disant inspirée de Dieu, elle exhorterait ses auditeurs à refuser de payer l’impôt, à se dérober à l’enrôlement, à cesser de cultiver l’arachide, à retourner au riz rouge traditionnel en abandonnant les variétés étrangères (plus fertiles mais moins résistantes). Elle prédirait en outre le prochain départ des Européens.

            Aline Sitoué fut tenue pour responsable par les autorités de ce qu’on a appelé, avec exagération, la révolte des Floup. En fait, d’octobre 1942 à janvier de l’année suivant, l’agitation se limita à une résistance passive et à quelques escarmouches entre soldats et villageois dépourvus d’armes à feu. Une démonstration militaire contre quelques villages (Effoc, Youtou, Ayoune), effectuée en janvier 1943, n’eut guère de résultat, les habitants s’étant retirés. Moins d’une dizaine de personnes, dont un seul militaire (le soldat Scobry) furent tuées, dont plusieurs étaient des intermédiaires peu scrupuleux dans les opérations de réquisition.

            A la fin de ce même mois de janvier, le colonel Sajous, commandant du cercle de Ziguinchor, dirigea en personne une expédition destinée à capturer la jeune femme. Arrivés à Kabrousse, les soldats cernèrent la demeure d’Aline Sitoué le 28 janvier, mais celle-ci ne s’y trouvait pas. Le colonel menaça alors de faire bombarder le village, si elle ne se livrait pas. Pour éviter des dommages à ses compatriotes, Aline Sitoué se livra le lendemain matin. Elle fut malmenée par le colonel Sajous, avant d’être emmenée à Ziguinchor avec quelques-uns de ses fidèles.

 

DEPORTATION (1944-1945)

            Son interrogatoire et celui de ses compagnons (mars 1943) montra que l’enseignement de la prophétesse se situait sur le plan social et religieux. Des incitations à la violence ne purent être prouvées. Elle n’en fut pas moins condamnée à dix ans de réclusion à Kayes. Ses compagnons subirent des peines diverses, mais plusieurs d’entre eux ne tardèrent pas à mourir, victimes d’un mal mystérieux. Les survivants furent libérés en 1946.

            La présence d’Aline Sitoué est mentionnée à Kayes en 1944 et Tombouctou l’année suivante. Elle disparaît ensuite des archives. Selon certains, elle pourrait encore être en vie, quelque part en Afrique. Selon d’autres, elle mourut du scorbut en 1944, à Tombouctou. Selon d’autres encore, elle fut déportée au Gabon, au Congo, à Madagascar...

 

 

ENSEIGNEMENT

            Les opinions des quelques chercheurs qui se sont penchés sur l’enseignement d’Aline Sitoué diffèrent largement. Pour certains, telle Fatoumata Sow, la prophétesse aurait prêché une opposition inconditionnelle à l’autorité coloniale, disant dans ses chants du Culte :

            Voila les Français qui arrivent. Attention, préparez-vous !

            Que chacun s’arme de son fusil ! Agissons, nous aussi, comme les Européens.

            Que leur avons-nous fait? Pourquoi venir nous maltraiter, nous fatiguer ?

            Par contre, pour J. Girard, son attitude aurait été beaucoup plus nuancée. C’est ainsi qu’elle n’aurait conseillé de refuser de s’acquitter de l’impôt que lorsque celui-ci était exagéré. Elle n’aurait préconisé l’utilisation de riz rouge que pour les cérémonies culturelles. Elle aurait reçu des Européens et leur aurait offert à cette occasion des boissons fortes de leur pays, et elle n’aurait pas nié leur apport technologique. Cet auteur décrit par ailleurs les modalités du rituel de Kabrousse, avec le sacrifice de bœufs et de porcs noirs pour attirer la pluie, bienfaisante aux rizières. Aline Sitoué instaura la semaine de six jours (le nombre six étant faste chez les Diola), elle établit l’unité des sexes dans les cérémonies du culte, elle déposséda les vieillards de leur rôle sacerdotal (les desservants locaux étant découverts par divination). Elle favorisa l’apparition d’une nouvelle forme de cohésion sociale.

            Quelle que soit la part d’intransigeance que fassent apparaître les nouvelles recherches sur l’enseignement d’Aline Sitoué, c’est à juste titre que Jean Girard la qualifie de Jeanne d’Arc de la Casamance, car comme l’héroïne d’Orléans, elle incarna la sensibilité et les aspirations de ses compatriotes, à la date où elle apparut.


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