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Livres sur Strickland, consul amricain Gore Lien : http://www.youtube.com/watch?v=M-wrBKbOSF8

Le Musée Historique, cinquante ans de présence à Gorée (1954-2004)*

(*)Publié dans SENEGALIA Etudes sur le patrimoine ouest-africain. Hommage à Guy Thilmans Ed. Sépia, 2006, p. 150-160

 

Cyr DESCAMPS et Abdoulaye CAMARA

 

Résumé

Il faut attendre le milieu du XXe siècle pour qu'un Musée consacré spécialement à l'histoire soit aménagé sur l'île de Gorée. Ce sont en fait trois musées d'histoire qui se sont succédé sur cette petite île, symbole de la traite négrière transatlantique. Le principal lien entre ces établissements est d'avoir été créés puis gérés par les chercheurs de l'IFAN.

Le premier Musée, installé dans la maison de la signare Victoria-Albis, a ouvert ses portes en 1954. Dénommé Musée Historique de l'AOF, il présentait, dans douze salles, un panorama de cette fédération ouest-africaine. Les indépendances survenues en 1960 rendant caduc la référence à l'AOF, le Musée ne change pas sa présentation, se contentant d'abréger son nom en Musée Historique.

En 1970, le musée va faire peau neuve : la présentation est modernisée et simplifiée, et le Musée concentre son propos sur l'histoire du Sénégal. Inauguré en 1971, il va recevoir de nombreuses personnalités, car Gorée fait partie du programme de toute visite officielle effectuée en République du Sénégal.

Le troisième musée va résulter d'un déménagement, car en 1977 l'Etat sénégalais attribue à l'IFAN le Fort d'Estrées, libéré de ses fonctions pénitentiaires. Pendant douze années, Guy Thilmans va procéder à la patiente restauration d’un bâtiment du Second Empire et à son aménagement en Musée historique du Sénégal. L’inauguration a lieu en 1989, lors de la commémoration du cinquantenaire de l'IFAN.

Le nouveau conservateur, Abdoulaye Camara, va intégrer le musée dans les réseaux nationaux et internationaux ; il fera procéder à la rénovation de plusieurs salles, et développera une politique promotionnelle qui fait significativement augmenter le nombre de visiteurs.

 

Le premier musée (1954-1969)

L'idée d'installer un musée historique était en germe dès la création de l'IFAN puisque, dans la première équipe constituée autour de Théodore Monod en 1938, il y avait un muséographe, le dahoméen Alexandre Adandé. Mais il fallut attendre l'après-guerre pour que le projet se matérialise.

En 1949, grâce à des crédits votés lors de la célébration du centenaire de l'abolition de l'esclavage (1848-1948), le gouvernement général de l'AOF acquit une maison à Gorée, sise à l'angle des rues Saint-Germain et Malavois. Elle avait été construite au XVIIIe siècle par la signare Victoria Albis et avait servi, au XIXe siècle, de prison puis de palais de Justice. Le docteur Cariou (1950) a pu établir la date de la construction : 1777[1]. Cet érudit précise : Les solides cellules surplombées par la colonnade (...) n'ont contenu des captifs que pendant trente ans, de 1777 à 1807 (date d'abolition de la traite par les Anglais, occupants de l'île à l'époque).

Ce sont deux chercheurs de l'IFAN, Abdoulaye Ly, chef de la section d'Histoire, et Raymond Mauny, chef de la section Archéologie-Préhistoire, qui vont être chargés de la muséographie. Nous lisons dans le chapitre introductif « Les buts du Musée Historique » du Guide non signé paru en 1955, ce manifeste, qui reflète bien l'état d'esprit de l’époque.

Gorée en soi, telle que nous la voyons aujourd'hui, est un document et il n'est pas mauvais que l'Institut chargé de lui conserver son cachet[2] ait profité de l'occasion qu'était la création de ce Musée pour coller – comme on dit – autant que possible aux plans et aux représentations existantes d'une des plus belles maisons de l'île. Seulement, dans l'ancienne demeure des maîtres ou de leurs descendants, il s'agissait de répondre aux questions et aux besoins des vivants (...). Il s'agit en l'occurrence de participer, directement ou indirectement, à l'effort de culture moderne du « plus grand nombre » en Afrique noire. Quoi donc de plus indiqué (...) que d'aider de larges masses d'Afrique à se situer dans le monde où elles vivent, autrement dit à reconnaître dans les structures économiques et sociales qui les organisent, comme dans les productions et les techniques mortes ou présentes, locales ou d'importation, des faits historiques, à connaître leurs connexions avec les diverses parties du monde, à en saisir la genèse et les mécanismes, les lignes d'évolution ? SE SITUER ? N'est-ce donc pas le but numéro un à proposer à une culture africaine réaliste ? C'est en tout cas l'objectif du Musée historique de l'AOF, le seul qui semble pouvoir le justifier et qui en commande le contenu et la forme.

Pendant que les travaux de restauration du bâtiment sont effectués par l'entreprise SODEGIC sous la surveillance de Raymond Guitat, des objets commencent à être réunis. Mauny a fait paraître, dans le n° 47 des Notes Africaines un court article intitulé "Musée historique de Gorée" et signé I.F.A.N. dans lequel nous lisons : Nous faisons appel à tous, en particulier aux vieilles familles goréennes ou dakaroises, pour faire don à l'IFAN, en vue de la constitution de ce Musée, des souvenirs anciens relatifs à l'histoire de Gorée, de Dakar ou du Sénégal dont ils voudraient bien se dessaisir : meubles, vêtements et parures, faïences anciennes, gravures, peintures, portraits et dessins, plans anciens, monnaies et médailles, photos anciennes etc.

Des donateurs vont se déclarer, comme le Gouverneur Général de l'AOF qui se dessaisit de quatre canons placés à l'entrée du Cabinet Militaire, ou le docteur Cariou qui envoie plans, dessins et une médaille à l'effigie de St François-Xavier, la plus ancienne trouvée dans l'île. Beaucoup d'objets seront par ailleurs achetés comme des moulages de crânes préhistoriques, des bronzes du Dahomey, des masques d'or de Côte d'Ivoire… .

Nous possédons le brouillon d'une facture d'Achats faits à Mme…. antiquaire, où nous lisons :


Aquarelle de d'Hastrel

6 500

3 dessins au crayon [de d'Hastrel] x 3000

9 000

1 montre à 2 500

2 500

1 montre

2 000

1 livre Salmon 1766

3 250

Image d'Epinal conquête Dahomey

600


Envoyé ensuite à Mercier en échange d'Assinie*

Ms 1672 "Observations sur la Côte de Guinée"

3 800

1 gravure "Alcaty ou Nègre des env. de Gorée"

700

Image d'Epinal Nap[oléon] III

175

Image d'Epinal Prise Bastille.

400

I Solario del P. Coronelli

1 000

Image d'Epinal Tirailleur Sénég.

?

Dessin peint femme wolof

?

1 crémaillère

450


* dans la marge : Mercier n'a rien envoyé. Mauny, 6-VI-52


Nous avons retrouvé une note manuscrite de Théodore Monod, directeur de l’IFAN, à l'attention de Raymond Mauny, chef de la section Archéologie-Préhistoire, datée du 31 janvier 1951 et ainsi rédigée : Pouvez-vous songer à l'installation d'une exposition des documents historiques destinés à Gorée ? Ce serait une excellente chose à touzégar (sic !). Merci d'avance. Cette exposition provisoire va être inaugurée le 12 avril 1951 dans le bâtiment de l'IFAN fédéral, place de l'Etoile (aujourd'hui Soweto) à Dakar (Fig. 1).

L'ouverture du Musée fait l'objet de l'arrêté 3425 du 7 mai 1954 du haut-commissaire de la République, gouverneur général de l'AOF, qui précise que le chef de la section historique de l'IFAN est chargé de l'organisation et de la gestion du musée historique de l'AOF ; celui-ci sera ouvert les mardi et mercredi de 8 h 30 à 16 h et les jeudi, samedi et dimanche de 8 h 30 à 18 h 30 ; les sommes perçues au titre des droits d'entrée seront versées au Trésor au titre du Budget Général.

Le musée est inauguré le 4 juin 1954 par le haut-commissaire Bernard Cornut-Gentille et le professeur Charles-André Julien, conseiller de l'Union Française, en présence bien sûr du directeur de l’IFAN Théodore Monod et des concepteurs A. Ly et R. Mauny.

L'entrée, rue Malavois, est encadrée par deux petits canons en bronze anglais portant les dates de 1824 et 1826. Ceux-ci proviennent du don du gouverneur général, mais leur origine première est inconnue. Dans la cour se dresse un padran, colonne votive offerte par le Portugal à l'occasion du cinquième centenaire de la découverte du Cap-Vert (1444) dont Abdoulaye Camara (2002) a relaté les pérégrinations.

Au rez-de-chaussée, une première salle est consacrée à l'accueil et la documentation : les visiteurs sont appelés à faire des suggestions et à contribuer à l'enrichissement du Musée par des dons ou prêts de documents. Un panneau est consacré aux griots et à la tradition orale, sans laquelle l'histoire des peuples sans écriture ne peut être réellement appréhendée. Des tableaux et des livres sont exposés.

Suivent une salle consacrée au milieu naturel, une au milieu humain (avec les cartes ethniques et démographiques au 1/1 000 000 éditées par l'IFAN et de nombreuses photographies), et les trois suivantes à la préhistoire et la protohistoire.

À l'étage, la première salle est consacrée aux grands empires noirs (Ghana, Mail, Songhaï), la seconde au temps des comptoirs européens (XVIIe au XIXe s.), la troisième à l'esclavage avec une maquette du brick négrier nantais La Joséphine. Les deux salles suivantes retracent les diverses étapes de la constitution des empires européens dans l'Ouest africain, et enfin la dernière présente l'AOF en 1954, avec une série de panneaux illustrant la vie économique et sociale de la fédération.

L'IFAN a publié en 1955, n° 13 dans la série des Catalogues, un "Guide du Musée historique de l'AOF à Gorée" dont le texte, non signé, est dû à Abdoulaye Ly et Raymond Mauny. Portant en vignette de couverture la représentation du Mansa Moussa, empereur du Mali, d'après la carte catalane d'Abraham Cresques (1375), il est illustré par huit photographies des salles et objets du Musée. Une "Notice sur Gorée", signée elle par le docteur Cariou, figure en annexe (p. 23-30).

Pendant 25 années, le gardien du musée sera Abdoulaye Sy. Né vers 1920 à Moudjéria dans le Trarza, sa famille est originaire de Mbolo Birane (département de Podor). Il est le petit-fils de Saada "Mbolo" Sy, d’abord compagnon d'El Hadj Omar, puis de son fils Ahmadou qui l'avait envoyé à Nioro du Sahel pour protéger la ville des razzia maures. Il a intégré l'IFAN en 1948, dans la section d'Océanographie ; ultérieurement, à la demande du chef de la comptabilité Grégoire Baldi qui cherchait un « agent honnête » pour surveiller les travaux d'installation du Musée, il a été affecté à Gorée. C'est la mémoire vivante du premier Musée historique. Devenu aide-conservateur, il y est resté jusqu'à l'âge de la retraite, en 1975. A cette date, il était depuis plusieurs années imam ratib (titulaire) de la mosquée, après en avoir été le nahib (suppléant)[3].

Il n'existait pas de livre d'or à l'époque, mais Abdoulaye Sy se souvient du passage de nombreuses personnalités, parmi lesquelles il cite Sékou Touré, le futur président de la Guinée, « quand il était syndicaliste ».

Les indépendances survenues en 1960 rendent caduc la référence à l'AOF mais le Musée ne change pas sa présentation : on se contente d'abréger son nom en « Musée Historique ». On peut avoir une idée de la fréquentation, en sachant que, pour l'année 1961, le musée a enregistré 5 289 entrées, dont 1 221 gratuites.

L'un de nous (C.D.) a visité ce musée à de nombreuses reprises de février à juin 1964 : inscrit à la faculté des Lettres de l'Université de Dakar pour présenter le certificat d'Histoire d'Afrique qui venait d'être créé[4] il avait écrit au Directeur de l'IFAN pour demander la gratuité d'accès, arguant que faire payer à un étudiant d'histoire pour apprendre l'histoire africaine, c'était comme faire payer un latiniste chaque fois qu'il devait ouvrir son Gaffiot… L'argument avait été convaincant : une réponse positive signée, en tant que directeur-adjoint, par Abdoulaye Ly, et montrée au gardien Abdoulaye Sy, l'avait dispensé d'un modeste écot ! Il a conservé le souvenir d'un musée extrêmement riche en documents – originaux ou reproduits – où il fallait pratiquement passer une heure pour tout lire dans chaque salle, et il y en avait douze …

Pour la première fois, un conservateur, Moussa Oumar Sy, va être nommé en 1968. Il restera en fonction une vingtaine d'année mais ne marquera pas de son empreinte l'histoire du musée, se contentant d'être un guide pour les visites et ne participant qu'indirectement à la rénovation qui va bientôt intervenir.

 

Le second musée (1970-1988)

En 1970, sous l'impulsion du directeur de l'époque, Pierre Fougeyrollas, le musée va faire peau neuve : la présentation est modernisée et simplifiée, et le musée concentre son propos sur l'Histoire du Sénégal. On doit à Guy Thilmans la conception des salles d'archéologie et de plusieurs salles d'histoire, et aussi la confection de documents originaux : une grande carte présentant les migrations peules, le rassemblement sur des planchettes disposées en « pointes de diamant » de textes donnant les opinions, pour le moins contrastées, des Européens sur les populations sénégambiennes.

Certaines salles ne sont que peu modifiées, comme celle consacrée à la traite négrière. Il est regrettable qu'aucun catalogue n'ait été établi ; seules les photos prises au moment des visites ont enregistré une muséographie qui n'aura pas laissé beaucoup de traces, les documents évoqués ci-dessus n'ayant pas été conservés lors du déménagement de 1988-1989.

Ce musée recevra de très nombreuses personnalités, comme en témoigne le Livre d'Or car Gorée fait partie du programme de toutes les visites officielles effectuées en République du Sénégal. Parmi celles-ci, on peut citer U Thant, secrétaire général des Nations Unies, René Maheu, directeur général de l'Unesco, les écrivains Marcel Duhamel et Maurice Druon, l'impératrice d'Iran Farah Pahlevi, les présidents Yakubu Gowon du Nigeria, Mokhtar Ould Daddah de Mauritanie, Albert-Bernard Bongo du Gabon, François Tombalbaye du Tchad, Sangoulé Lamizana de Haute-Volta, Marien Ngouabi du Congo, Jean-Bedel Bokassa de Centrafrique, Mathieu Kerekou du Bénin, Mobutu du Zaïre, le président de l'Assemblée Nationale du Niger Boubou Hama etc.

Nous recopions la page émouvante écrite par le président de la Côte d'Ivoire le 19 décembre 1973 :

Gorée qui aujourd'hui m'ouvre avec tant de délicatesse la porte de ma jeunesse, restera à jamais l'un de ces miracles d'harmonie, de quiétude qui, pour quelques heures trop brèves arrachées au temps qui passe, fait plus grands des splendeurs qu'elle leur offre, ceux qui l'approchent ou qui, comme moi, la redécouvrent.

Félix Houphouët-Boigny

Ancien élève Ecole Normale W. Ponty 1918-1921

 

La longue gestation du troisième musée (de 1977 à 1989)

L'un de nous (C.D.) a le souvenir d'une visite effectuée en compagnie de Guy Thilmans au début des années 1970. Avisant le fort d'Estrées dont on ne connaissait que l'imposante silhouette, ce dernier lui dit : C'est là qu'il faudrait faire le musée historique ! C.D. lui demande s'il avait visité les lieux, il lui répond que non, mais qu'il connaît le plan du bâtiment et pense qu'il est pré-adapté à devenir un musée. À l'époque, on ne parlait même pas d'un possible départ des prisonniers qui l’occupaient et rendaient de nombreux services sur l'île (voirie, corvées etc.).

Le fort a cessé d'être une prison un beau jour de 1976, pour des raisons que nous ignorons. Sans perdre de temps, dans un rapport remis au directeur de l'IFAN et daté du 21 décembre 1976, Guy Thilmans propose le transfert au Fort d'Estrées du Musée Historique de Gorée (voir Annexe 1).

Il développe les arguments suivants : le musée actuel est devenu trop exigu, les musées historiques sont souvent abrités par d'anciens locaux militaires, le Fort permettrait d'exposer des pièces d'artillerie etc… Il met également l'accent sur l'importance et la qualité du mobilier archéologique provenant de fouilles récentes dans les tumulus, mégalithes et amas coquilliers.

Une décision administrative du Ministère des Finances et des Affaires Economiques (n° 59 signée le 23 avril 1977 par A. Touré, chef du Service du Logement), suivie immédiatement par un décret, (77-331 en date du 26 avril 1977) publié dans le J.O. de la République du Sénégal du 21 mai 1977, mentionne dans son article premier : Est prononcé l'affectation au Ministère de l'Enseignement supérieur, pour les besoins de l'IFAN, d'un immeuble sis à Gorée, Pointe Nord, anciennement appelé Fort d'Estrées, d'une contenance de 5243 mètres carrés, objet du titre foncier n° 564 D.G.

Pensant que le mouvement se prouve en marchant, G. Thilmans entreprend immédiatement les premiers travaux sans même être assuré d'un financement. Il va se heurter à toutes sortes d'obstacles, financiers bien sûr, mais aussi administratifs, techniques et, les plus difficiles à régler, humains.

L'un de nous (C.D.) a été étroitement associés à cette opération pendant les cinq premières années puis, après 1982, il a continué à suivre les travaux, envoyant renseignements, documents ou matériels quant Thilmans le demandait, et visitant régulièrement le chantier lors de missions quasi-annuelles. C'est donc en faisant appel à ses souvenirs et à ceux de l'équipe que Thilmans avait rassemblé, allant jusqu'à une dizaine de travailleurs, que l'on peut raconter l'histoire de la gestation de ce musée d'Histoire. Le témoignage d'Ibrahima Thiam, actuel gardien du Musée, qui a secondé Thilmans sans interruptions à partir de 1979, est particulièrement précieux. Quant aux archives, elles sont discontinues, n'existant que pour certaines périodes où la situation a été tendue ; le bilan financier global, en particulier, est bien difficile à établir car le concepteur n'a pas tenu de comptabilité journalière et n'a fait des décomptes qu'épisodiquement.

Les Goréens surnomment Thilmans l'Ingénieur Camelia, du nom de la marque de cigarette que, fumeur impénitent à cette époque, il achète aux petits revendeurs. Ils vont voir, pendant douze ans, sa longue et maigre silhouette faire à grandes enjambées le trajet entre le quai et le fort, et souvent parcourir l'île pour en visiter coins et recoins.

Le 20 novembre 1979, G. Thilmans, qui se désigne comme « Secrétaire exécutif du Comité pour l'aménagement du Fort d'Estrées de Gorée », rédige un Rapport de situation très détaillé.

Ce mémoire comporte un historique et une description générale du bâtiment, une histoire de son artillerie (qui n'est plus sur place), les principes directeurs de la restauration, les travaux déjà effectués, la destination muséographique ou technique des locaux, et l'estimation du coût d'aménagement de sept salles. Dans un récapitulatif final, G. Thilmans écrit que les travaux d'aménagements, commencés il y a juste un an, ont été effectues en partie sur le budget de l'IFAN, en partie sur des subventions de missions diplomatiques et en partie sur apports personnels (c'est nous qui soulignons) et qu'ils ont coûté à ce jour 8 millions de francs CFA. Il estime les aménagements restant du bâtiment à 28,1 millions et la muséographie à 25,754 millions, ce qui donne, comme coût prévisible total de l'opération, le chiffre de 62 millions de francs CFA.

Le principe directeur de la restauration est de rétablir le fort dans son état initial des années 1850. G. Thilmans fait procéder aux travaux suivants :

- recreusement du fossé et reconstruction du pont-levis (dont les roues ont été récupérées sur le fort du Castel)

- aménagement de la place située devant le fort

- destruction des cellules encombrant les casemates

- démolition du mirador et des supports bétonnés des canons anti-aériens

- rétablissement des portes de communication entre les casemates

- rétablissement de l'escalier effondré

- mise en place, sur des affûts en béton, de dix canons se trouvant sur le flanc du Castel derrière la mosquée.

Dans une correspondance du 25 mai 1982, G. Thilmans et C. Descamps avaient sollicité l'aide technique du commandant des Forces Françaises du Cap-Vert pour hisser sur la plateforme du fort les dix canons de 3,6 tonnes, modèle 1859, récupérés sur les pentes du Castel derrière la mosquée. L'Unité Marine a répondu favorablement et l'opération a pu être effectuée dans les meilleures conditions.

Autre transport délicat rendu possible par l'aide de la Marine française, celui de la pierre mégalithique en lyre provenant de Keur Ali Ngane (près de Birkelane) qui, après avoir été installée en 1968 au Musée Dynamique de Dakar puis, le temps d'une exposition, au Centre Culturel français, était comme abandonnée dans les jardins du Musée d'Art africain. Elle aussi pesait plus de trois tonnes et on a attendu son transfert pour finir de recreuser le fossé et rétablir le pont-levis car il aurait certainement cédé sous la charge.

Parallèlement, G. Thilmans entreprend des démarches pour créer une Association des Amis du Musée Historique permettant de recueillir des fonds. Une première demande en janvier 1980 est restée sans suite, il la renouvelle en mars 1983 et ne fera pas moins de dix-huit démarches entre le 15 avril et le 5 octobre 1983 – dont il a dressé un récapitulatif – avant que lui parvienne le récépissé (n° 4038 Min. Int. daté du 13 juillet 1983). Il est le secrétaire exécutif de cette Association, présidée par le directeur de l'IFAN Amar Samb, et dont le trésorier est le docteur Bernard Khayat.

Au 7 juillet 1984, les contributeurs ont été les suivants :

Etat sénégalais (Ministère de l'Urbanisme et de l'Habitat)

10 000 000

Fondation Ford

6 258 000

Budget IFAN

4 344 000

Ambassade Arabie Saoudite

2 100 000

Ambassade de France

2 000 000

Donation Adel Fakhry

500 000

Soit un peu plus de 25 millions de F. CFA. G. Thilmans ne comptabilise pas l'argent personnel qu'il met dans l'entreprise ; on peut l'estimer à environ la moitié de cette somme « officielle », dans une fourchette de 10 à 15 millions…

Nous ne pouvons mentionner toutes les péripéties de cette œuvre véritablement de longue haleine (elles ne nous sont d'ailleurs pas toutes connues) mais retiendrons trois épisodes dont nous avons été le témoin proche ou lointain, qui révèlent le caractère du personnage et prouvent une fois de plus que l'histoire est souvent la somme des « petites histoires ».

Le premier concerne une subvention que devait attribuer, au titre de bâtiment de l'État, le Service du Logement. C'est le Chef de ce Service, le même qui avait affecté le fort à l'IFAN, qui devait signer le mandat. Thilmans comptait l'utiliser pour faire l'étanchéité de la plate-forme, opération préalable à tout aménagement des salles d'exposition. Après s'être déplacé plusieurs fois et avoir fait antichambre en vain, il est rentré dans le bureau du Chef, s'est allongé par terre et a déclaré, calmement, qu'il ne bougerait pas avant qu'on lui ait remis le mandat promis. Le Chef, interloqué, l'a laissé dans cette position pendant près de deux heures ; après avoir téléphoné au directeur de l'IFAN, ne sachant que faire, il lui a finalement remis ce qu'il lui devait. C.D. entends encore Thilmans racontant, à chaud, la scène, en disant qu'il avait deux craintes : que son comportement puisse être qualifié de scandale public, ou alors mis sur le compte de la démence !

Le second concerne les affûts de canon qu'il avait commencé à édifier sur la plateforme. Par lettre du 11 juin 1979, Pierre-André Lablaude, expert de l'Unesco en service au Bureau d'Architecture des Monuments Historiques (B.A.M.H.), lui intime l'ordre d'arrêter immédiatement les réalisations des supports de canons en béton armé que vos ouvriers sont en train de réaliser et pour lesquels je m'étonne que vous ayez engagé des travaux sans consulter le B.A.M.H. (…). Cet expert écrit simultanément une lettre au directeur de l'IFAN, avec ampliation au Ministre, dans laquelle il déplore un certain nombre d'initiatives malheureuses prises par M. Thilmans et non soumises au préalable à l'approbation du B.A.M.H. Thilmans rédige alors un mémoire solidement argumenté accompagné d'annexes, photos et dessins montrant les affûts sur lesquels sont présentés des canons anciens à Lisbonne, Gand, Bâle, San Miguel d'Angola, la Tour de Londres… Il le fait transmettre le 19 juin au B.A.M.H. par le directeur de l'IFAN et l'affaire s'arrête là : le tir d'artillerie du chercheur belge a fait table rase de toutes les objections des Monuments Historiques ! Cette correspondance, heureusement conservée, mériterait d'être publiée...

Le troisième est de nature plus grave puisqu'il porte sur des questions financières et d'honnêteté. Les protagonistes n'étant plus de ce monde, il n'y a pas de raisons de ne pas l'évoquer. Et plutôt que de résumer une abondante correspondance, nous recopions une note de situation très synthétique envoyée par Thilmans le 11 janvier 1984 à son ministre de tutelle.

Par lettre du 17 novembre 1983 adressée directement à l'ambassadeur de Belgique à Dakar, le professeur Amar Samb a demandé mon départ de l'IFAN. Pour appuyer cette demande, il avait joint les photocopies de deux lettres adressées par lui au Ministre de l'Enseignement Supérieur et datées respectivement des 5 octobre et 3 novembre 1983.

Dans sa lettre du 5 octobre, le professeur Amar Samb m'accuse d'avoir fourni à l'Inspecteur d'État de "faux renseignements" selon lesquels il aurait détourné une somme de 8 millions de F. CFA, ce qui aurait poussé l'Inspecteur à le faire traduire devant la Cour de Discipline budgétaire. L'accusation de M. Samb est non fondée. J'ai vu depuis l'Inspecteur d'État qui m'a déclaré que c'était l'examen des comptes de l'Agence comptable de l'Université qui lui avait fourni les éléments de son rapport.

Dans sa lettre du 3 novembre, le directeur de l'IFAN me reproche d'avoir "inondé" de lettres le Ministère de l'Urbanisme et de l'Environnement, et de perturber ainsi le fonctionnement du Bureau d'Architecture des Monuments Historiques. En réalité, je n'ai écrit qu'une seule lettre à ce ministère. Elle a eu pour effet le réexamen d'un devis d'étanchéité à exécuter au fort d'Estrées de Gorée, futur Musée Historique du Sénégal. Le coût des travaux à exécuter est passé de 27 236 250 à 13 248 785 F. CFA.

Mon contrat de coopérant expire en janvier 1984. S'il n'était pas renouvelé, je ne pourrais assurer la correction et la relecture des épreuves du troisième tome de la Protohistoire du Sénégal. D'autre part, comme je dirige les travaux de restauration du fort d'Estrées à Gorée, ceux-ci se trouveraient gravement perturbés par mon départ.

Des lettres de justification ont été envoyées par moi à Monsieur le Président de la République et à Monsieur le Ministre de l'Enseignement Supérieur.

Nous avons également retrouvé, lié à cette affaire, le texte d'une Pétition des chercheurs de l'IFAN en faveur du docteur Thilmans mentionnant qu'il est l'un des chercheurs les plus dévoués et les plus efficaces de l'Institut. Son assiduité ne connaît ni dimanches ni jours fériés. Il paye lui-même depuis sept ans le matériel et les ouvriers du musée de Gorée ; il y engloutit actuellement ses économies (…).

Les graves accusations portées contre le chercheur ont motivé une enquête de l'Inspection Générale d'État ; celle-ci, tout en relevant quelques « gaspillages » dans la gestion de G. Thilmans, a conclu en sa grande compétence et parfaite honnêteté. Contrairement au vœu du directeur, il n'a pas été renvoyé. Mais il a fallu attendre cinq ans de plus pour que le musée puisse être inauguré, et le troisième tome de la Protohistoire du Sénégal est, vingt ans après cette pénible affaire, encore à l'état de manuscrit…

Le 3 mars 1989, le nouveau musée peut enfin être inauguré, lors des festivités entourant la commémoration du cinquantenaire de l'IFAN ; Abdoulaye Camara en est nommé conservateur quelques jours plus tard.

 

Les missions du Musée historique

Le Musée historique a une conception classique présentant des expositions permanentes d’objets, de mannequins, de textes et de photos. Il s’adresse à des touristes de passage à Gorée, ou à un public scolaire ou universitaire à la recherche de supports didactiques. Depuis son ouverture en 1989, on note une progression régulière de sa fréquentation ; au total, quelques 238 600 visiteurs (billets vendus) auront été enregistrés à la fin de 2004 (Annexe 2).

Par différentes approches, le Musée historique de Gorée espère être à l’écoute des attentes de la population, diversifier les activités, accueillir tous les publics. Il essaie aussi de préserver son environnement communautaire direct.

C’est ainsi que, le 18 mai 1993, une table ronde, organisée par le Musée historique et le WAMP (West African Museums Programme) sur le thème « Le musée et sa communauté », avait réuni des chercheurs et des personnes de la société civile afin de débattre sur les types de relations qu'un musée doit entretenir vis à vis de sa communauté et de ses identités culturelles propres, et d'explorer de nouvelles approches et de nouvelles actions pour améliorer son intégration dans sa communauté.

Suite à cette rencontre, des projets ont abouti à la création d’un syndicat d’initiative et de tourisme de l’île de Gorée. En direction des scolaires, des efforts ont été déployés par l'IFAN-Ch.A.Diop pour encourager les enseignants à amener leurs élèves. Des actions éducatives en direction des élèves ont permis d’organiser :

- des concours de dessin pour le primaire sur le thème du 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage

- des ateliers de teinture ou des journées sur la découverte du patrimoine.

Pour présenter les expositions à des écoles qui n’ont pas la possibilité de se rendre à Gorée, une exposition légère sur « les résistants sénégalais » a été proposée par le, conservateur-adjoint, Abdoulaye Touré, à certains établissements scolaires.

En direction des étudiants, le Musée historique de Gorée a produit en partenariat avec l'École Normale Supérieure de Dakar des documents pédagogiques. C'est ainsi que depuis 1994, des élèves-professeurs ont traité pour leur mémoire de fin d'études des thèmes en relation avec les expositions de la salle 8 « Résistance sénégalaise à l'hégémonie française ». Ce thème a servi de base à la confection de dossiers didactiques constitués de textes illustrés par des supports iconographiques et des informations tirées des archives du Sénégal.

Une autre mission assignée au Musée historique en tant qu'institution de recherche est la production de documents pédagogiques, scientifiques et culturels adaptés aux thèmes de ses expositions. C’est ainsi que des publications ont été réalisées, qui proposent aux visiteurs de Gorée, un circuit de visite dans l’île présentant des maisons datant du XVIIe au XIXe siècle. Parmi ces ouvrages, un livret-guide : Gorée, Guide de l'île et du Musée historique, est une publication du conservateur (A. Camara) et du conservateur honoraire (Joseph-Roger de Benoist) traduite en anglais (Gorée, The island and the historical Museum) en espagnol (Guía de la isla y del Museo Histórico) et en allemand (Goree, Führer der Insel und des Historischen Museums).

En 2003, un ouvrage plus documenté a été publié par les mêmes auteurs : Histoire de Gorée (avec la collaboration de F. Descamps, X. Ricou, J. Searing).

Des articles (voir bibliographie) permettent de mieux comprendre la politique développée par A. Camara, entre 1989 et 2004, pour donner à cette institution une autonomie sur le plan financier, se faire reconnaître par sa communauté ou tout simplement faire connaître ses collections dans le réseau international des musées.

 

Réaménagement des expositions

Quelques années après son ouverture au public, des problèmes liés à l’insularité, au vieillissement des expositions et à l’ordonnancement de ces dernières dans les salles commencèrent à se poser, nécessitant un programme de réaménagement des expositions. Un nouveau schéma partant de l’existant, proposé par A. Camara et J.R. de Benoist, a porté sur un programme de réaménagement des douze salles d’expositions permanentes. Des demandes ont été adressées à des ambassades et à des organisations internationales pour solliciter leur parrainage et appui. Les financements obtenus ont permis la réhabilitation de trois salles d’exposition :

- en 2000, la salle des Royaumes, dénommée anciennement « des tumulus », a été restaurée grâce à un financement de l’Ambassade d’Espagne (3 911 965 FCFA)

- en 2002, la réhabilitation de la salle de l’Islam menés par Abdoulaye Touré, a été achevée grâce à une subvention de l’ISESCO (3 250 000 FCFA)

- en 2004, une subvention de l’Ambassade des Pays-Bas (7 500 000 FCFA) a permis la rénovation de la « salle des Européens » rebaptisée : Carrefour des Nations.

* **

En 2005, un nouveau conservateur, l’anthropologue Youssouf Mbargane Guissé, a été nommé en remplacement d’Abdoulaye Camara, affecté au Musée d’Art africain. Le Musée Historique du Sénégal entame son second demi-siècle sous les meilleurs auspices.

 


Bibliographie

Anonyme, 1950. Musée Historique de Gorée. Notes Afr., 47, Dakar.

Anonyme, 1955. Guide du Musée historique de l'AOF à Gorée. IFAN, Catalogues, XIII, 34 p.

CAMARA A., 1992. Autonomie financière, le cas du Musée historique du Sénégal à Gorée, in  Quels musées pour l'Afrique ? Patrimoine en devenir, ICOM, 18-23 novembre 1991, 37-40.

CAMARA A., 1997. Un musée historique pour une île-musée. Colloque ICMAH, 16-21 septembre, Thessaloniki, Grèce, 150-155.

CAMARA A., 1999. Gorée : Dynamique d’un musée vers ses communautés. in Musées et politique. Actes du 4e colloque ICMAH, Québec, Musée de la Civilisation, 127-143.

CAMARA A., 1999. Senegal: Institutional Aims and Objectives. The Musée historique de Gorée; Museums and History in West Africa. West African Museums Programme, 53-61.

CAMARA A., 2002. Le padrão du Musée historique de Gorée : histoire d’une croix. in Mélanges offerts au Père Joseph-Roger de Benoist, Notes afr., 203-204, 33-37.

CAMARA A., BOUR P., 1995. Le musée et sa communauté: Synthèse de l'atelier organisé au Musée historique de Gorée, 18 mai 1993, Bulletin du WAMP, 6, 29-45.

CAMARA A., BENOIST J.R. de, 2003. Histoire de Gorée, Paris, Maisonneuve et Larose, 155 p.

CARIOU P.A., 1950. A propos du futur Musée de l'IFAN à Gorée. Notes Afr., 48, p. 136-137.

THIAM A. & THILMANS G., 1980. Gorée, l'île musée. Muséum, UNESCO, 32, 3, 123-133.

THILMANS G., 1979. Aménagement d'un musée historique à Gorée. Rapport de situation. 12 p.

 


 Annexe : Evolution du nombre de visiteurs, de 1989 à 2004

 

Année

Nombre de visiteurs

1989

5 713

1990

8 955

1991

10 500

1992

9 448

1993

8 071

1994

7 975

1995

10 333

1996

12 606

1997

14 970

1998

17 540

1999

18 827

2000

18 602

2001

22 128

2002

21 488

2003

21 620

2004

29 824

 

 

 TOTAL

238 600




[1] Sur le plan adressé en 1776 par Evrard Duparel, ex-capitaine de navire, au ministre de Sartine (n°111, dossier Gorée, ministère des Colonies), ne figure qu'une tapade, construction de paille et roseaux, appartenant à la signare Victoria Albir [sic]. Le 20 juin 1778, Duparel présente un nouveau plan au duc de Penthièvre, amiral de France (C.3731, section Géogr. de la Bibliothèque nationale) où la maison de la signare est désormais en pierre. Les limites de la propriété et celles des maisons adjacentes sont les mêmes qu'actuellement.

[2] Jusqu'à la promulgation de la loi de 1971 sur les sites et monuments, c'est l'IFAN qui a eu en charge la protection du patrimoine, et Gorée a été classé "site historique" par arrêté du 20 décembre 1946.

[3] Malgré son attachement à Gorée, Abdoulaye Sy a regagné son village du Fouta Toro où il est maître d'école coranique. Qu'Allah lui prête longue vie !

[4] Cinq autres étudiants constituaient cette première promotion : Firmin Bewa, Claude Cros, Fadel Dia, Francine Ndiaye et Yves Saint-Martin.

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